Transports Jacques Martin: l’humain avant tout

Dans la Drôme, la PME familiale Martin progresse entre les mains du père Didier et de ses fils jumeaux. Misant sur l’humain, et la proximité, elle s’appuie sur ses prestataires Weezioo et Truckonline pour filtrer ses données, et mener une politique sociale transparente.

Depuis qu’il a pris les rênes de l’entreprise, Didier Martin n’a jamais vraiment intégré le bureau de son père Jacques au premier étage. Installé et ouvert à tous, au rez-de-chaussée de la PME, il affirme, et ses jumeaux confirment, « un véritable esprit de famille ». Même le Labrador noir, la mascotte de l’exploitation, circule librement dans les couloirs, toujours dans les pas de son maître. « Je l’ai trouvé au bord de la route, et depuis, il ne me lâche plus ! » affirme le patron des transports Jacques Martin à Portes-lès-Valence (26), dont le site au pied de falaises calcaires est particulièrement photogénique. Le chien aura aussi droit à son portrait sur un beau fond bleu !

A la tête d’une flotte de 135 véhicules dont 10 véhicules légers, les transport Martin investissent largement dans la logistique. La société a ouvert un nouveau bâtiment de 6000 m² en mars 2018, qui porte sa surface à 12 000 m² d’entrepôts existants. Un nouvel espace de 7000 m² est en construction. « Nous aurons alors investi 8,5 millions d’euros en trois ans. Une belle enveloppe pour une PME qui réalise annuellement quelques 20 M€ de chiffre d’affaires ! pose le chef d’entreprise, tout en affirmant une gestion prudente et raisonnée. « Côté camions, fin 2019, nous serons Euro 6 à 100 %. Nous avons notamment investi dans un véhicule de parc électrique. Et nous venons d’acheter un chariot élévateur électrique de 7t à 100 000 euros, pour transporter des bobines de papier de 3 t !

Des jumeaux complémentaires

Thibaut et Maxime, jumeaux de 28 ans, ont des parcours différents mais ont tous deux intégré l’entreprise familiale, il y a respectivement trois et six ans. Le premier a passé une maitrise de droit avant d’intégrer une école de transport (Isteli). Le second, après un DUT technique de commercialisation, détient une expérience déjà significative à l’exploitation. Voués à devenir co-patrons, peut-être d’ici à une dizaine d’années, il font déjà parti d’un club de jeunes dirigeants au sein du groupement FLO. 

Fin 2019, Martin sera Euro 6 à 100 %. L’informatique embarquée Truckonline, qui équipe tous ses moteurs, est avant tout un outil de gestion sociale et de géolocalisation des véhicules.

Humbles, les jeunes hommes veulent prendre le temps . « Pour l’heure, nous n’avons pas la prétention de diriger quoi que ce soit, nous apprenons de tout le monde ici. D’autant que nous avons une belle équipe, qui évolue bien, qui pousse à la progression, et des salariés très fidèles, de 10 à 15 ans d’ancienneté en moyenne. Notre chef d’atelier a été embauché par notre grand-père en tant qu’apprenti, par exemple. » Et de citer le cas très particulier de Vincent Blanc, un ex-cariste électricien mais aussi informaticien, qui a développé le portail Web des transport Martin, jusqu’à concevoir un mini-WMS (logiciel de gestion d’entrepôt). Lequel, jusqu’à présent, suffit aux besoins de l’entreprise.

Sur le plan informatique, les transports Jacques Martin ont un fonctionnement plutôt original, qui distingue les ordres de mission des informations sociales et techniques issues des ordinateurs de bord. L’informatique embarquée Truckonline, qui équipe tous ses moteurs, est avant tout un outil de gestion sociale et de géolocalisation des véhicules. D’un autre côté, le transporteur utilise la solution TruckAccess conçue par Weezioo (logiciel via Internet associé à une application mobile) comme interface de communication avec ses conducteurs, en lien avec son TMS Akanea. 

Contrôler les informations

Martin mise sur la proximité, et conduit sa stratégie avec une préoccupation très actuelle : la maîtrise de ses données. « En travaillant avec des plateformes de traçabilité intermédiaires, les transporteurs sont en train de creuser leur tombe, lance Thibaut Martin. La collecte des données ne peut que mener à leur utilisation commerciale. » La PME est pourtant amenée, comme beaucoup de flottes, à collaborer avec Shippeo, une application de traçabilité, pour le compte de son client Leroy Merlin, sur des transports dédiés. Mais elle tient à garder la main. « Nous poussons certaines informations dans Shippeo. Mais nous limitons la géolocalisation à la portion de trajet qui concerne Leroy Merlin. Une fois la preuve de livraison enregistrée, l’application est déconnectée automatiquement. Avec Weezioo et Truckonline, nous travaillons avec des partenaires de confiance qui nous permettre de filtrer les données. » 

La solution TruckAccess de Weezioo, interfacée avec le TMS Akanea, diffuse automatiquement les planning sur les smartphone des chauffeurs.

En pratique, les donneurs d’ordres de Leroy Merlin saisissent les commandes qui sont envoyées sur le portail Shippeo. Weezioo les récupère et les intègre dans le TMS Akanea (avec éventuellement une saisie tarifaire). In fine, il alimente également le TMS avec les données permettant la facturation. « Nous utilisons Weezioo depuis le mois de mars 2018, précise Maxime. C’est une petite équipe, très réactive, un peu à notre image. Elle traite nos demandes rapidement. Toutes les deux semaines, Antoine Petit, le dirigeant de Weezioo passe quelques heures chez nous pour vérifier le bon fonctionnement des outils.

Thibaut Martin explique son processus d’exploitation : « D’une part, la solution TruckAccess permet de diffuser automatiquement les planning détaillés que nous gérons dans notre TMS sur les smartphone des chauffeurs concernés. Cela sans manipulation de nos exploitant. TruckAccess est entièrement interfacée avec notre TMS. Les chauffeurs valident au fur et mesure leurs missions : arrivée sur site, début et fin de travail, départ du site, validation des palettes europe, signature électronique pour une lettre de voiture dématérialisée, photos des lettres de voitures et des réserves. Tous ces éléments sont instantanément disponibles pour tous nos clients sur un portail web, mais aussi intégrés dans notre TMS. »
Pour le jeune dirigeant, « un des gros avantage de cette solution est que tous les chauffeurs utilisent la même application, quel que soit le service (zone courte, zone longue), le client, et le métier. »

Ventiler les données

Les transports Martin utilisent un deuxième module, EdiAccess, conçu également par Weezioo, si pour répondre à la demande de certains clients ayant opté pour un suivi de traçabilité sur leur propre outil ou via des plateforme de type GedMouv ou Shippeo. « Nous avons mis en œuvre les interfaces automatisées proposées par Weezioo via leur site EdiAccess. Nous n’avons aucune manipulation supplémentaire pour alimenter nos clients. Weezioo réutilise les données issues de TruckAccess pour valider automatiquement la traçabilité sur GedMouv, Shippeo ou autres. » En conséquence, c’est ici Weezioo qui ventile les données en amont et en aval du transport, le TMS étant réduit à un logiciel de facturation.

La société a ouvert un nouveau bâtiment de 6000 m² en mars 2018, qui porte sa surface à 12 000 m² d’entrepôts existants. Un nouvel espace de 7000 m² est en construction.



Le rôle de Truckonline est de récupérer les informations du camion – les consommations, les heures de service, les kilomètres, les frais de déplacement pour permettre un contrôle de gestion et le calcul des coûts réels. Chez les transports Martin, c’est encore Weezioo qui prend en charge cette fonction d’analyse. Ou plutôt, qui travaille sur la question en collaboration avec Truckonline. Pour l’heure, ces données sont encore mal exploitées. L’objectif étant d’arriver à déterminer les chiffres d’affaires relatifs à chaque client, tournée, moyens roulants, pour mieux conduire sa stratégie, et devenir plus rentable.

Pour Didier Martin, l’avantage de Truckonline, c’est d’abord la transparence du système : « Nous évitons les conflits sur le comptage des heures, les payes, les feuilles de route. Tout est carré. » Plus qu’une informatique embarquée traditionnelle, Truckonline a développé une expertise sur la gestion sociale, jusqu’à la prépaie et l’archivage des données, avec un accès via Internet aux amplitudes d’activité du personnel itinérant en temps réel. 

Une informatique embarquée sociale

« Via la TruckBox, le lecteur Tim Collect et l’application mobile conducteurs, notre solution collecte des données en temps réel et alimente les logiciels de gestion RH/paie (Sage, Cegid, Silaé…) en informations sur l’activité des conducteurs : identité, répartition des temps de service (conduite, repos, travail, à disposition), frais de route, explique Yann Mercuri, directeur commercial de Truckonline. Les informations s’affichent sur l’espace Web du transporteur depuis n’importe quel PC, Mac ou tablette. Elles peuvent être facilement importées dans ses propres outils comptables sans aucune installation d’un nouveau logiciel, ni aucune ressaisie. »

Le gestionnaire de flotte visualise les temps d’activité journaliers ou mensuels, réalisés et prévisionnels, pour chacun de ses conducteurs. « Nous pouvons ainsi mieux anticiper les temps de pause réglementaires et optimiser la répartition de la charge de travail, se félicite Maxime Martin. Nous sommes alertés en cas d’événements significatifs pour intervenir rapidement – dépassement des temps de conduite, temps d’attente trop longs, heures supplémentaires. Nous pouvons éditer les rapports d’activités ou d’infractions détaillés nécessaires. »

Croisées avec les informations personnelles des salariés (contrat de travail, temps de service, jours de congés, arrêts maladie, formation…), les données collectées par la TruckBox alimentent à distance l’outil comptable sans ressaisie. « Le système permet de calculer automatiquement le total des temps de service rémunérés et les amplitudes de travail, les frais de route et primes, les heures supplémentaires, les repos compensateurs. Nous pouvons ainsi préparer les fiches de paie à l’avance. En outre, les remontées immédiates d’information sur les temps de service nous permettent de respecter au mieux les directives sur l’aménagement des temps de travail, pour plus de sécurité et moins d’infractions. Le système trace les alertes. Nous pouvons éditer les lettres d’infraction. Par ailleurs, le mode hébergé Truckonline propose l’archivage automatique et sécurisé de nos données sociales pendant cinq ans, comme l’exige la loi. » À partir de toutes ces données, l’objectif est de contrôler, calculer et générer automatiquement un projeté de fin de mois.

« Nous travaillons aujourd’hui intégrer toutes ces informations dans le logiciel Weezioo, pour que les exploitants ne travaillent que sur une interface, ajoute Yann Mercuri. De la même manière, les conducteurs ont intérêt à travailler sur une seule application, celle de Truckonline, avec des raccourcis renvoyant à Weezioo, ou encore Dashdoc, ou Shippeo, selon les besoins. »

Sur le plan de l’archivage des données sociales, la solution brevetée Truckonline inclut le téléchargement automatique ou à la demande des données stockées sur les cartes conducteur (C1B) et dans la mémoire du tachygraphe (V1B). « Notre solution est compatible avec le nouveau chronotachygraphe « intelligent » imposé par l’Annexe 1C de la réglementation européenne et télécharge ainsi les fichiers des formats C1C des cartes Conducteur et V1C de la mémoire du chrono nouvelle génération », précise le fournisseur.

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