Transport Routier les véhicules industriels à la peine

Observatoire du Véhicule Industriel

Analyse du marché, 1er semestre 2020  –  VOLET 1

Compte tenu de la période, le dernier rapport semestriel de l’OVI est d’une densité qui mérite qu’on en dissèque le contenu. Ainsi, nous prévoyons une publication sur trois jours à partir de ce mardi 30 juin. A l’issue, vous recevrez le document de synthèse.

Evidemment la période actuelle implique une vision prospective très particulière compte tenu du grand nombre d’inconnues. Comme d’autres secteurs de l’économie, ceux qui œuvrent dans le véhicule industriel vivent une année cataclysmique. BNP Paribas Rental Solutions, qui a créé l’OVI ou Observatoire du Véhicule Industriel décortique de façon factuelle, avec une grande précision, un marché que l’Etat a reconnu essentiel à l’économie du pays. Son directeur Jean-Michel Mercier, le confirme « La crise du coronavirus a marqué l’arrêt brutal de notre économie, elle a cependant mis en lumière le rôle vital du transport et de la logistique en ayant permis l’approvisionnement des Français en produits de première nécessité, sans rupture majeure. Certains s’en sont mieux sortis que d’autres, le transport de produits médicaux, alimentaires ont même connu une surchauffe… Mais le secteur est très fragilisé avec près de 80 % des entreprises qui se sont retrouvées à l’arrêt total ou partiel au début de la crise. Les conditions d’une reprise en fin d’année existent, sous réserve toutefois des impacts différés et encore difficilement mesurables de cette crise d’une origine et d’une violence inédite »

Jean-Michel Mercier, directeur de l’OVI

Reprise du marché VI, multiples facteurs

Jean-Michel Mercier poursuit « Le secteur du véhicule industriel connaît une forte hétérogénéité des situations mais globalement il subit une crise majeure de la même ampleur que celle de 2009-2010. La reprise sera conditionnée en 2020 par la capacité de l’ensemble des parties prenantes comprenant les équipementiers, les constructeurs, les carrossiers, à restaurer leur capacité de livraisons, ceci restant soumis à la non reprise de la crise sanitaire. Le délai, le volume et la constance dans la reprise des livraisons constitueront des éléments décisifs dans un premier temps, en l’absence d’annulation de commandes significatives constatées, au-delà de la maîtrise du Covid-19 dont chacun fait le vœux. La reprise du marché VI tiendra aussi à une multitude de facteurs économiques exogènes à ce marché. Concernant les ressorts internes à ce dernier, la nature des soutiens et plan de relance de l’investissement, l’état du marché VO, les effets d’une concrétisation d’une transition énergétique effective pourraient induire une reprise des commandes et des immatriculations en fin d’année et surtout en 2021 qui bénéficiera d’une base de comparaison favorable ».

Les transports alimentaires en meilleure position

 Concernant le transport routier de marchandises, un 1 camion sur deux à l’arrêt avec une hétérogénéité extrême des situations avec un effet de ciseaux redouté ! En avril 2020, l’économie a chuté comme jamais depuis l’après-guerre, ce qui a en même temps durement affecté le secteur des transports. La crise sanitaire a cependant mis au premier plan le rôle vital du transport et de la logistique en ayant permis l’approvisionnement des Français en produits de première nécessité, sans rupture majeure, confirmant au passage que près de 90 % du flux de marchandises transite par la route. Ce secteur est néanmoins très fragilisé car près de 80 % des entreprises se sont retrouvées à l’arrêt total ou partiel (Source : enquête FNTR) pendant une partie du confinement avec, à la clé, un camion sur deux à l’arrêt, avec un trafic divisé par deux (-47 %) entre janvier 2020 et avril 2020. Ceci engendre des pertes de chiffre d’affaires considérables sans réelles possibilités de rattrapage par la suite.

Situation hétérogène

Cette vision globale masque une hétérogénéité devenue extrême entre les différents types de transports. Pour certains, c’est le cas du transport de véhicules automobiles, de meubles et menuiseries, ou celui lié au BTP, 100 % ou presque de l’activité a été à l’arrêt total ou partiel ces dernières semaines. A l’opposé, le transport de produits médicaux, alimentaires, d’animaux vivants ont subi très peu d’arrêt, connaissant même une surchauffe. Activité en surtension sur certains pans et en arrêt partiel ou total pour d’autres, les situations des professionnels sont très diverses. C’est le reflet presque parfait des écarts de conjoncture entre les différentes branches industrielles. Les transporteurs actifs dans le domaine de l’alimentaire, froid ou sec, ont globalement tourné à 100 % mais avec des flux déstabilisés notamment pour les retours. Le secteur de la messagerie s’est également bien comporté. Le secteur transport de colis aura, en revanche, été porté par le report de la consommation des commerces physiques vers le e-commerce et la livraison à domicile ainsi que tous les acteurs de l’écosystème de la livraison express au dernier kilomètre sont dans une dynamique favorable.

Les travaux publics très handicapés

Eléments clés

  • Effondrement brutal du marché du véhicule industriel au second trimestre 2020, de la même ampleur que la crise de 2009-2010.
  • Le marché des véhicules utilitaires (VI- VUL) reposera principalement sur la restauration des capacités de la filière à rétablir ses outils de production et donc de livraison (ou comment honorer les commandes en cours et dans quels délais). Des prévisions d’immatriculations revues fortement à la baisse pour 2020, entre -30 % et -35 % pour le marché français et européen. Ce marché chute de 40 % à fin mai avec une inflexion plus marquée pour les tracteurs qui reculent de 50 %, reflet du recul considérable des flux de transport.
  • Une relance attendue en fin d’année et surtout en 2021, dans l’hypothèse d’une non reprise de la crise sanitaire… qui dépendra également des effets retards non mesurables de la crise sur la santé des entreprises et leurs capacités d’investissement.
  • La capacité de résistance des deux marchés sous-jacents TRM et BTP, aux effets de ciseaux actuellement constatés, sera fondamentale (hausse des coûts de revient, pression sur les prix de marchés du fait de la sous activité)

BILAN 1er semestre 2020 en 3 temps

Mardi 30 juin  – Bilan expliqué par Jean-Michel Mercier

Mercredi 1er juillet – Avis des institutionnels et organisations professionnelles

Jeudi 2 juillet – Les prévisions pour les 6 prochains mois.

 

 

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