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Transport routier : Le CNR dresse un tableau mitigé

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat

Le CNR publie ses Perspectives économiques et coûts du TRM Septembre 2019. Sans surprise, le ralentissement dans le transport routier est lié à un contexte politique et économique compliqué : conflit commercial USA-Chine, échéance du BREXIT, baisse du marché automobile, etc. Ainsi, le PIB français devrait connaître une croissance de seulement + 1,3 % en 2019 contre + 1,7 % en 2018. Les coûts d’exploitation du transport routier de marchandises depuis un an connaissent une inflation comprise entre + 1,7 % et + 1,9 % hors gazole (selon la spécialité). Les entreprises du secteur se préparent aussi à différents dispositifs : DFS, GNR, décote du remboursement partiel de TICPE, contrats courts, requalification des entrepôts ce qui fragilise le secteur. Le ralentissement amorcé en 2018 s’amplifie avec une croissance autour de + 3,2 % en 2019, après + 3,6 % en 2018. La croissance du commerce mondial s’en ressent, attendue à + 2,5 %, contre + 3,7 % en 2018. Le ralentissement aussi bien américain que chinois pèse sur le dynamisme de l’ensemble des économies.

Elements stabilisateurs

Cependant le CNR note des “éléments stabilisateurs”. Les Banques Centrales reviennent à une politique accommodante en renonçant aux hausses des taux directeurs. Si la faiblesse de la demande mondiale stabilise le prix du pétrole et des matières premières cela réduit la facture pour les économies développées et importatrices dont l’inflation reste modérée. Le niveau de croissance reste suffisant pour favoriser à la fois une baisse du chômage et des hausses de salaire. La croissance de la zone euro devrait se situer autour de + 1,2 % en 2019 (+ 1,3 % selon le FMI).

La France

La situation économique de la France à + 0,3 % au deuxième trimestre 2019. D’après le CNR, ce résultat est conforme aux prévisions. La croissance annuelle pour 2019 devrait atteindre + 1,3 %. Un rebond au troisième et quatrième semestre 2019 reste possible car les investissements se maintiennent. Depuis le début de l’année, les indices de confiance des ménages et des entreprises (climat des affaires) se redressent et la baisse lente mais continue du chômage se poursuit. En 2020, un climat intérieur moins tendu pourrait même mener à une croissance de l’ordre de + 1,3 % à + 1,4 %, “sous réserve d’un contexte européen et mondial qui ne se dégrade pas” rappelle le CNR.

Le TRM

Si le premier trimestre 2019 affiche des résultats encourageants, à + 3,1 % c’est le fait d’un regain important sur le mois de janvier. Les enquêtes de conjoncture font également état d’une dégradation progressive de la situation des entreprises du secteur plus marquée au cours du 3ème trimestre. Parallèlement, à + 7,2 % en 2018, le marché des poids lourds neufs est en croissance. Le pavillon français, malgré des aléas économiques, est engagé dans une stratégie d’investissement soutenu. Les taux d’intérêt restent bas permettant aux entreprises de répondre plus favorablement à des contraintes multiples (performance, motorisation au gaz, confort, image pour le client, etc.) qui portent sur le véhicule. Et si l’OVI prévoit une baisse sur la fin de l’année, il n’en reste pas moins que la dynamique actuelle est forte et confirmée sur l’ensemble du marché européen.

Salaires et coûts

Concernant la maintenance, l’indice augmente de + 1,9 % en un an. Côté infrastructure, les tarifs de péages autoroutiers classe 4 ont été revalorisés de + 1,9 % le 1er février 2019. L’autre composante de l’indice, la taxe à l’essieu, ne change pas en 2019. Les indices de coûts de conducteurs (salaires + charges) augmentent de + 2,3 % depuis un an en longue distance et de + 2,4 % en régional. Du côté de la rémunération, l’accord du 15 mai 2019, applicable à compter du 1er juin 2019, a relevé les minima conventionnels servant de référence pour calculer ces indices de + 1,8 %. Du côté des cotisations employeurs, les allègements « Fillon » ont varié, alternativement à la hausse, sous les effets du relèvement du SMIC et de l’actualisation des coefficients de la formule (janvier 2019), puis à la baisse avec la revalorisation salariale (juin 2019). L’accord social du 26 juin 2019 a revalorisé de + 1,6 %, à compter du 1er juillet 2019, les indemnités conventionnelles de frais de déplacement retenues pour calculer cet indice.

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