Vie des entreprises

Transport routier, la patate chaude du gouvernement

Jean-Yves Kerbrat
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Enfin ! La rencontre entre les organisations patronales et le secrétaire d’état aux transports est programmée jeudi 19 septembre.

Elisabeth Borne, maintenant ministre de la transition écologique, est sans doute heureuse d’avoir transmis le dossier du transport routier à son jeune secrétaire d’état aux transports (37 ans). Elle reste en coulisse pour accélérer la formation d’un fort en thème, mais jeune en politique face à une corporation qui n’est pas prête à s’en laisser compter. Jean-Baptiste Djebarri ne connait pas le transport routier et ses déclarations le prouvent. Que ressortira-t-il des discussions qui vont s’engager jeudi 19 septembre au ministère de la transition écologique où seront reçues les organisations professionnelles alors que l’augmentation de 2 centimes d’euros de la TICPE reste en travers de la gorge de toute une profession prête à en découdre si la négociation ne porte pas ses fruits …

Transport routier, y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Lorsque le nouveau secrétaire d’état déclare le 10 septembre « Nous allons faire en sorte en l’inscrivant dans la loi que ces deux centimes les transporteurs puissent les répercuter en pied de facture. De manière que ce soit neutre pour eux (…) c’était une demande des fédérations de transporteurs » c’est bien évidemment une levée de boucliers. Stupéfaction et colère de la part de l’OTRE, qui lit la déclaration dans la presse, tout comme les autres fédérations des transporteurs routiers sans aucune concertation préalable. Ce qui montre bien l’impréparation … ou comme ça se passe souvent en politique, le ballon d’essai du gouvernement en attendant la réaction de l’autre camp … qui ne s’est pas fait attendre.  

L’Otre le réaffirme, elle est clairement opposée à un énième dispositif de répercussion. Sa Présidente Aline Mesples l’a clairement réaffirmé  au premier ministre Edouard Philippe lors d’un  échange téléphonique la semaine dernière : « toutes les organisations professionnelles rejettent purement et simplement que l’on remettre en cause le remboursement partiel de TICPE et plus globalement que l’on touche à la fiscalité du carburant »

Cela énerve également Jean-Marc Rivéra, le secrétaire national de l’OTRE qui a vite réagi : « Nous n’avons aucune information précise et sérieuse qui explique l’objectif et le mécanisme de répercussion des deux centimes de rabot du remboursement partiel de TICPE évoqué par le secrétaire d’État. Contrairement à ce qu’il affirme, la profession n’a nullement exprimé une telle demande (…) Sur le fond, un tel mécanisme nous amène à beaucoup de prudence et nous laisse très dubitatif. D’une part, l’accepter c’est admettre purement et simplement la disparition à moyen terme du principe du gazole professionnel (…)

Jean-Marc Rivéra confirme la position de l’OTRE

Ce dispositif de remboursement partiel de la TICPE étant européen, nous allons une nouvelle fois créer une distorsion de concurrence avec les pavillons étrangers, accroître les écarts de compétitivité et ouvrir encore plus grandes les portes de la concurrence déloyale notamment des pavillons de l’Est. D’autre part, si nous ne remettons pas en cause le principe de l’indexation gazole existant, dans les faits nous connaissons les difficultés des transporteurs à le faire appliquer avec justesse et équilibre. Le rapport de force entre donneurs d’ordre et transporteurs est rarement en notre faveur. Dans ces conditions, nous voyons mal comment un nouveau mécanisme de répercussion pourrait concrètement répondre à nos attentes. »

Il y a fort à parier que les représentants de l’Etat voudront trouver un accord avec les transporteurs routiers avant le congrès de la FNTR (jeudi 26 septembre à Montrouge – 92) et celui de l’OTRE, le mardi 8 octobre à Paris 12ème. En effet, il faudra bien que le ministre, s’il fait le déplacement, puisse aller au bout de son discours sans être sifflé !

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