Transport routier, bien ou mal aimé …

Pour les uns, le transport routier de marchandises comme de voyageurs fait le job … et il le fait bien. Il s’agit de la population française qui applaudissait il y a quelques semaines les soignants, les éboueurs et les conducteurs routiers. Pour les autres, regardez vers le gouvernement selon les organisations professionnelles, cela ne semble pas une priorité de s’intéresser à des entreprises qui de toute façon continueront de travailler et d’assurer la mission. Alors pourquoi dépenser plus.

Note de synthèse de l’enquête

note-enquete-4-FNTR-180620

Il y a des signes qui ne trompent pas. Un mois après le début du déconfinement, la FNTR publie sa quatrième enquête concernant les conséquences de la crise sur le secteur du Transport routier de marchandises. Et le constat est toujours le même… si la reprise est là, elle est lente et fragile. Le secteur reste très affaibli avec une perte moyenne de chiffre d’affaires de 40% sur les trois derniers mois. Mais le malaise est plus profond car la crise perturbe encore les flux et fait notamment apparaitre une forte distorsion entre l’offre et la demande, entraînant une véritable pression sur les prix.

Un tiers des entreprises en difficulté

Dans son enquête précédente, la FNTR interpellait déjà le Gouvernement et proposait un plan de relance construit autour de 12 propositions concrètes. Pourtant un mois plus tard, toujours aucune réponse. Les fameux « soldats de la deuxième ligne » seraient-ils déjà oubliés ?

Malgré un mois de déconfinement, un tiers des entreprises du secteur sont encore en arrêt partiel à la mi-juin. L’enquête réalisée fait apparaître une chute du chiffre d’affaires de -27% sur le mois de mai et de -40% sur l’ensemble de la période avril/juin. Mais au-delà du niveau d’activité en lui-même, c’est l’ensemble du marché qui pâtit d’une profonde désorganisation :

  1. Des kilomètres à vide, encore de 10% supérieur à la moyenne habituelle engendrant un surcoût de 15,3 % sur chaque kilomètre réalisé par rapport à la situation avant crise sanitaire (étude CNR).
  2. Une augmentation des charges liée aux coûts directs de l’achat de gel hydroalcoolique, masques et autres équipements. A ces coûts directs s’ajoute une perte de productivité liée par exemple à l’allongement des temps de chargement et déchargement comme en témoignent 31% des entreprises.
  3. Une surcapacité en matière d’offre qui génère une baisse des prix du transport : 33 % des entreprises ont des pressions sur les prix de la part de leurs donneurs d’ordre et observent une forte baisse des prix en matière d’affrètement. Une tendance à la hausse donc puisqu’ils étaient « seulement » 28% à faire ce constat le mois dernier.

Ainsi, un tiers des chefs d’entreprise craignent de devoir réduire leurs effectifs dans les semaines et mois à venir. L’emploi est menacé. Une situation face à laquelle la FNTR avait demandé que soit prolongé le dispositif de prise en charge complète du chômage partiel. Là encore, elle a dû faire face à une fin de non-recevoir.

Face à des entreprises exsangues et dont la confiance en l’avenir est largement ébranlée, le silence du Gouvernement est décidément incompréhensible et le mécontentement monte dans la profession.

Alors merci les Français … alors que le Gouvernement semble avoir déjà oublié ce qu’il doit aux transporteurs pour avoir assuré la continuité de la chaine logistique du pays, ces derniers reconnaissent unanimement (97%) le rôle du Transport routier de marchandises pendant le confinement. La crise a remis sur le devant de la scène une profession trop souvent invisible.

Document sondage Odoxa-FNTR

Odoxa-FNTR-Le-transport-routier-de-marchandises-durant-la-crise-sanitaire-180620

Résultat : plus de 8 Français sur 10 (82%) assurent que l’image qu’ils ont du secteur s’est globalement améliorée ces derniers mois. Enfin, et c’est là sans doute l’élément le plus significatif de ce sondage : 80% des Français estiment que ce secteur doit être soutenu/accompagné par le Gouvernement et les pouvoirs publics.

Alors si le Gouvernement n’écoute pas la profession, écoutera-t-il au moins les Français ?

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