Emploi

Recherche chauffeurs désespérément … Que devient ce métier de conducteur routier ?

Jean-Yves Kerbrat

Laurent Nadzialek, 54 ans dont bientôt 30 ans sur la route, est conducteur routier. Français, ayant acquis la nationalité belge, il y a plus de vingt ans, Laurent roule pour Thys, implanté en province d’Anvers, spécialiste du transport de produits alimentaires en citernes (huiles de tournesol, colza, palme etc. …). Auparavant, il roulait en transport par citerne de produits dangereux (ADR) après une courte période en frigo. Originaire de Lille, Laurent Nadzialek, habite avec sa famille, un village de la province du Hainaut, proche de la frontière française. Vous retrouverez, sur Transportissimo, son avis sur les évolutions du métier de conducteur en Europe. Voici une première. N’hésitez pas à réagir.

Le transport routier se transforme. Un conducteur prend la parole, voici son avis éclairé vu de l’intérieur

« Vous savez qui est responsable principalement de ce qu’est devenu ce métier ?   Je vais vous le dire : « Les chauffeurs ! »

Presque 30 ans de volant dans les mains m’ont fait comprendre que certains chauffeurs ont accepté tout et n’importe quoi !  Parfois juste pour avoir un plus beau camion que ses collègues, ou pour garder un parcours qui lui a été attribué.

La solidarité entre collègues s’est dégradée au fil des années, le chacun pour soi est devenu légion.

En acceptant tout… on fait n’importe quoi ! Mais surtout on devient “n’importe qui” …

Certains se plaindront des contrôles… Je ne vais pas me faire des amis (je sais)

Mais heureusement que les contrôles existent ! Je n’ose même pas imaginer ce que serait la route, s’il n’y en avait pas !

Les salaires sont bas ? J’ai connu des chauffeurs qui ne se faisaient pas payer certaines heures et d’autres qui abandonnaient les paiements pour déloger … juste pour avoir un camion avec des rampes de phares, des chromes, et un klaxon deux tons…

Après vous entendez dire par certains chauffeurs : « je n’ai pas le choix de rouler et d’accepter de rouler comme un cinglé, de dépasser mon temps de travail et de conduite sinon c’est la porte ! »

Qu’un chauffeur m’apporte la preuve qu’il a été licencié, pour ne pas avoir voulu respecter la réglementation et le code de la route… Et même si cela était vrai (Ce dont je doute fort), il est préférable de perdre sa place… que de devenir un criminel.

Le transports est devenu ce qu’il est à présent…parce que nous avons laissé faire les choses sans réagir un point c’est tout ! Alors, pour rendre ce métier difficile attractif, il y a quelques petites (et grandes) choses à changer…

1/ La considération

2/ Le respect

3/ La rémunération

4/ Une retraite majorée vu le nombre d’heures importantes prestées, entre 50 et 65 heures par semaine.

Là déjà… en agissant dans cette voie pour une revalorisation de ce métier, les candidats vont se bousculer alors que le chauffeur reste un pilier essentiel, pour que le transport de marchandises puisse s’effectuer et que l’économie d’un pays puisse tourner.

Sans nous, rien n’est possible.

Et ça… beaucoup ont tendance à l’oublier. Bien plus que le carburant qui fait fonctionner le moteur… le chauffeur reste la seule personne qui fasse rouler un camion. Si l’un ou l’autre venait à manquer, le désert économique et commerciales, l’accès aux denrées alimentaires, la fourniture des énergies, viendraient cruellement à nous manquer !

Ne l’oubliez jamais ! Un slogan (ancien mais toujours d’actualité) a tout son sens ! « Si vous l’avez, c’est qu’un camion, et son chauffeur, vont l’ont apporté »

Laurent Nadzialek

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