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Patrick Cholton : « Solutrans est intégrateur de données, de logistique, d’image et d’emploi »

Patrick Cholton, Président de la Fédération Française de Carrosserie (FFC) et du salon Solutrans
Wilfried Maisy
Ecrit par Wilfried Maisy
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Patrick Cholton, Président de la Fédération Française de Carrosserie (FFC) et du salon Solutrans qui se tiendra à Lyon-Eurexpo du 19 au 23 novembre 2019, expose sa vision d’un secteur économique en pleine mutation technologique. Les constructeurs de véhicules partagent avec les transporteurs un besoin d’image qui passe par le digital, l’intelligence, la maîtrise de la data.

TRM Le Guide : Commençons par votre actualité. Le 11 juillet, vous avez annoncé l’accréditation de Solutrans par l’OICA, Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles. Pour quel impact ? 

Patrick Cholton : Solutrans entre ainsi dans le cercle très fermé des manifestations reconnues dans plus de 35 pays à travers le Monde, aux côtés des plus grands évènements mondiaux de l’Automobile et du Véhicule Industriel. Après l’édition record de Solutrans 2017, qui avait vu une croissance de plus de 45 % de visiteurs étrangers dans ses allées, la surface réservée par les exposants internationaux augmente de près de 50 % en 2019. Les 35 organisations professionnelles qui composent l’OICA à travers le monde ont  reconnu la performance de Solutrans. Elles accompagneront désormais la FFC dans le rayonnement du salon à l’International.

L’une des grandes annonces du salon à venir sera la création d’un Data Center de la carrosserie et du véhicule industriel. Expliquez-nous ce projet.

PC : L’objectif de notre fédération (1500 adhérents) est de faciliter le travail des carrossiers constructeurs dans la réalisation de leurs devis, de leur faire gagner du temps. Les industriels ont besoin d’une base de données homogène et exhaustive sur la nomenclature des châssis ; les accessoires proposés par les équipementiers pour chaque véhicule ; les réglementations associées, etc. Ainsi nous comptons réduire les délais de devis, et in fine, de production, qui demandent aujourd’hui respectivement deux à trois semaines et deux à quatre mois selon les entreprises. Cette plateforme FFC Data Center va demander un important travail de saisie des équipementiers et des constructeurs, qui devront renseigner toutes les caractéristiques techniques des véhicules présents et à venir. Elle pourrait voir le jour à l’horizon 2021 ou 2022.

Les allées du salon, des écrans… et des camions

Parallèlement, vous incitez la profession à utiliser de nouvelles technologies de production – de l’impression 3D, de la réalité virtuelle, des tables de travail tactiles collaboratives…

PC : En effet, tous ces outils permettent de gagner du temps, d’être plus précis, d’améliorer la présentation commerciale et le travail d’équipe, entre des filiales, des partenaires industriels. Nous développons une stratégie globale de gestion de la donnée et de nouveaux processus de travail qui permettront, dans quelques années, de pouvoir présenter au client son véhicule virtuel dès la conception d’un devis. Nous allons améliorer la fiabilité des informations échangées, donc réduire la non qualité. L’impact de ces nouvelles technologies sera phénoménal sur les performances de toute profession.

Pour revenir à Solutrans, édition après édition, nous avons constaté une montée en puissance des acteurs informatiques – logiciels de transport, télématique. Quelle tendance voyez-vous ici ? 

PC : La connectivité, la simulation, l’échange automatisé des données, sont au cœur des stratégies de gestion des entreprises de transport mais aussi de leurs prestataires constructeurs et équipementiers,  en relation avec de plus en plus d’acteurs logiciels. C’est tout ce petit monde que nous exposons à Lyon. Nous donnons à voir l’ensemble d’une filière engagée dans une révolution technologique sans précédent par son ampleur et sa vitesse. En conséquence, c’est tout le secteur que nous devons « dépoussiérer ». Qu’il s’agisse des transporteurs ou des carrossiers, chacun doit montrer une nouvelle image et expliquer la réalité de métiers qui ont beaucoup progressé.

L’image du transport, et du camion, est donc un thème qui vous est cher…

PC : La question est fondamentale. Nous travaillons à revaloriser cette image auprès du grand public. Nous allons d’ailleurs collaborer avec la radio autoroutière 107. 7.  Installé à Solutrans, le média animera cinq directs quotidiens de 10 à 15 minutes chacun. Et développera un discours récurrent sur l’image du camion, et les nouvelles énergies. Car c’est un axe majeur du Solutrans 2019 :  la propulsion électrique, et les livraisons urbaines propres, la protection de l’environnement. Nous allons présenter le plus grand rassemblement de véhicules électriques en Europe ! Dans les deux ans à venir, toutes les livraisons urbaines seront réalisables par ce mode. Plus globalement, nous expliquerons aux auditeurs comment la filière VI a pris une avance de plusieurs années sur la voiture, dans les domaines de la connectivité, de la mobilité. Nous aborderons l’ensemble des équipements de sécurité. Les progrès réalisés dans le camion sont décidément trop peu connus du grand public.

Un autre signe fort : Solutrans 2019  est placé sous le Haut patronage du Président de la République Emmanuel Macron….

Conférence de presse pré-salon en 2017

PC : Les pouvoirs publics apprécient notre engagement environnemental. Seuls deux ou trois salons ont reçu l’honneur du Haut patronage. En conséquence, nous bénéficions d’une forte dynamique de communication à l’international. Le Président ou l’un de ses ministres sera présent à l’inauguration. 

En extrapolant un peu, pouvons-nous prédire ce que sera Solutrans dans deux ans ?

PC : Tout avance très vite. Nous avons déjà du mal à faire des prévisions à quelques mois ! Mais une chose est sûre, nous développons de plus en plus d’espaces thématiques qui dépassent le cadre de telle ou telle spécialité industrielle ou informatique. À l’exemple de notre nouveau rendez-vous Solutrans 4.0 qui rassemble des start-up dans le domaine de la logistique urbaine.

C’est moins la prospective à 5 ou 10 ans que la réalité à court terme qui nous intéresse. Que se passera-t-il dans l’année qui vient ? Comment dois-je investir ? Nous parlons à toute la filière, et en particulier, aux entreprises qui évoluent du transport à la logistique avec la nécessité de maîtriser l’ensemble de leurs flux physiques et numériques. C’est cette tendance profonde que nous devons accompagner. En 2021, nous serons clairement sur cet angle. La logistique connectée deviendra un thème majeur de notre rendez-vous lyonnais. Dès 2019, nous ferons en sorte de convier tous les acteurs logistiques à nous rejoindre pour la prochaine édition. En effet, notre rôle est de mettre en relation un maximum de professionnels pour optimiser l’ensemble de la filière.

L’emploi est aussi un thème fort de cette édition 2019 de Solutrans. Là encore, le monde du VI rejoint cette problématique majeure des transporteurs.

PC : Notre filière recrute 40 000 personnes en 2019 ! Il manque des chauffeurs, mais aussi des mécaniciens, des soudeurs, des cols blancs dans les bureaux d’études… Cette année Pôle emploi sera présent à Solutrans, mais aussi Monster, le plus gros site de recrutement européen. Nous travaillons à ce que le site de la FFC regroupe toutes les offres d’emploi de la filière. En outre, nous allons lancer une importante campagne de communication dans la presse quotidienne régionale à la rentrée 2019, en amont du salon, afin que les familles et les étudiants viennent à Solutrans. Nous devons mieux faire connaître tous les atouts de nos métiers.

Propos recueillis par Wilfried Maisy

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