Ecologie

La France à la traine sur les méga-camions

Jean-Yves Kerbrat
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Des expérimentations et même des exploitations courantes existent en Europe. C’est ce qu’on appelle les EuroCombis ou écocombis, des camions de 25,25 mètres dotés d’un PTAC de 60 tonnes. Mais la France fait de la résistance. Pourtant, cela fonctionne. En Europe du Nord, l’utilisation est tout à fait courante, alors que dans d’autres pays, Pays-Bas, Belgique, et depuis 2016 en Espagne et au Portugal, des autorisations sont délivrées pour des dessertes spécifiques.

Moins de camions sur les routes

Quoiqu’il en soit, cela réduit le nombre de camions sur les routes. Cela devrait satisfaire les opposants au tout camion et les dirigeants politiques qui travaillent sur la transition énergétique. Les méga-camions ne sont pas plus polluants. Ils réduisent les émissions de CO2 jusqu’à 20% puisqu’un seul camion est nécessaire pour transporter des volumes comparables à presque deux camions classiques.

Les maxi-camions bien acceptés sur les routes suédoises.
Vision courante sur les routes suédoises, des maxi-camions très bien acceptés

XPO présent au Portugal et en Espagne

Ainsi, XPO Logistics a récemment lancer son nouveau service de méga-camions au Portugal, après avoir reçu l’accord de l’Instituto da Mobilidad e dos Transportes. C’est l’un des premier transporteur à avoir utilisé des méga-camions, dès 2016, en Espagne. Cet ensemble-routier effectuera des livraisons dédiées pour la société portugaise de boissons Sociedade Central de Cervejas, de son site de collecte et d’embouteillage d’eau Luso, à Vacariça, vers ses clients situés dans les environs de Porto, Azambuja et Algarve.

XPO possède déjà 15 méga-camions en Espagne et prévoit d’augmenter le nombre de routes opérées en Espagne et au Portugal durant l’année 2019. 

Après le lancement réussi de nos méga-camions en Espagne, nous pouvons maintenant aider nos clients portugais à atteindre leurs objectifs environnementaux avec la même efficacité. Nous souhaitons continuer à investir dans des solutions innovantes qui réduisent l’empreinte carbone de nos activités de transport.

Massimo Marsili, directeur général–transport, Espagne, Portugal et Maroc pour XPO Logistics.
Déjà en exploitation en Espagne, XPO se lance au Portugal avec des maxi-camions.
Déjà en exploitation en Espagne, XPO se lance au Portugal avec des maxi-camions

Des eurocombis chez Ninatrans

En Belgique, dès 2015, les eurocombis ont pris la route chez Ninatrans, à titre expérimental. Le véhicule est utilisé pour le groupe AB InBev, dans le cadre du projet pilote permettant d’étudier l’impact des écocombis. Le parcours a été défini entre le siège de l’entreprise et le port d’Anvers. Ici, deux écocombis remplacent trois semi-remorques classiques. Selon le transporteur, l’impact environnemental par unité de transport est inférieur de 33%. Avant de délivrer cette autorisation, une délégation politique s’était rendue au Pays-Bas, chez GVT Versteijnen à Tilburg, une entreprise de transport et de logistique qui exploite 45 écocombis.

Ninatrans, en Belgique dans le cadre d’un contrat avec AB InBev

Un bon retour dans les pays Scandinaves

De toute évidence, comme en témoigne les pays scandinaves, cela fonctionne très bien. Dans ces pays, les maxi-camions empruntent la totalité du réseau routier. Alors pourquoi, en France, rien ne bouge ?

La législation européenne sur le fret routier est très fragmentéeChaque pays a sa propre réglementation et il faut s’adapter.

Luis Gomez, directeur général Transport de XPO Europe.

En France, depuis 2013, le Code de la route interdit la présence de tout poids lourd ayant une charge supérieure à 44 tonnes. Leur longueur est également réglementée et ne peut dépasser les 18,75 mètres. Curieusement, dans notre pays, ce sont les écologistes qui empêchent tout changement. Ainsi, on entend l’association France Nature Environnement défendre, bec et ongle, le rail et le fluvial, sans penser aux limites de ces deux modes. Les EcoCombis apportent une véritable solution et nous pas une façon d’augmenter la rivalité qui doit être plutôt une complémentarité.  

En vérité, l’augmentation des volumes transportés réduit le nombre de poids-lourds car  par rapport à un camion traditionnel (40 tonnes), un méga-camion peut transporter entre 50 et 75 % de marchandises en plus. Au cours d’une réunion sénatoriale, rapportée par le quotidien Les Echos, portant sur la question, le sénateur LR Robert del Picchia a même eu cette phrase, qui symbolise la position des pro-60 tonnes : « C’est comme pour les avions, si l’on augmente leur taille, on diminue leur nombre. ».

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