Ecologie

La filière électrique se mobilise pour séduire particuliers et professionnels

Catherine Bernard
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Un nouveau site internet permet de choisir le véhicule approprié, de simuler le coût de l’achat ou de la recharge. S’il s’intéresse aux utilitaires, il laisse cependant de côté les camions

Je-roule-en-electrique.fr

« Je-roule-en-electrique.fr » : depuis lundi 28 octobre, un nouveau site internet permet à (presque) tous les conducteurs de véhicules à quatre roues, de s’informer précisément sur la possibilité d’opter pour l’électrique. Quels sont les modèles existants ? Leur prix ? Leur autonomie ? Quelles sont les aides à l’achat proposées, au niveau national ou local ? Comment recharger son véhicule ? Obtenir un coup de pouce pour installer des bornes de recharge ? 

Géré par l’Avere France, l’association pour le développement de l’électromobilité, ce site se veut une aide concrète pour accélérer la conversion du parc français.  « Aujourd’hui, la France compte 200 000 véhicules électriques, contre 50 000 il y a quatre ans, et notre objectif est d’atteindre un million d’ici 2022 », a rappelé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports, qui a poursuivi : « car l’électromobilité n’est plus une lubie, mais une solution simple et pragmatique ». 

Clarifier le débat

Pourtant, les préventions perdurent : « un coût réputé élevé, une autonomie jugée limitée, des recharges compliquées : ces trois éléments ressortent, année après année, des sondages que nous faisons réaliser », a expliqué Joseph Beretta, président de l’Avere, poursuivant : «Or  73% des personnes interrogées ne connaissent pas toutes les aides auxquelles elles ont droit pour acheter et recharger les véhicules électriques, ni la véritable autonomie des derniers modèles ». D’où la nécessité de clarifier le débat : le site permet notamment de simuler les différents cas de figure possible (particulier, entreprise, véhicule utilitaire ou non, revente d’un véhicule polluant, ou non, recharge personnelle ou publique, lieu de résidence, etc.).  Les coups de pouce versés pour l’installation de bornes de recharge ne sont pas oubliés, par plus que les possibilités de suramortissement pour les entreprises. Le site répond aussi à quelques idées reçues  -l’électrique est-il vraiment moins polluant ? Quel est l’impact des batteries ?-  . 

Lever les idées reçues

Réalisé avec le soutien de 26 partenaires  – du ministère de la transition écologique et solidaire à la Métropole du Grand Paris, en passant par les constructeurs et équipementiers de la recharges-, le site veut aussi mobiliser la filière pour rendre la vie vraiment plus facile aux adeptes du véhicule électrique. « De gros progrès sont encore à réaliser en matière d’interopérabilité des bornes de recharge » , a ainsi reconnu Gilles Bernard, président de l’AFIREV, l’Association Française pour l’Itinérance de la Recharge Électrique des Véhicules,  même si des sociétés comme Gireve proposent aux différents acteurs de réaliser une sorte de « roaming » : quel que soit le réseau utilisé, le client ne reçoit en fin de mois qu’une seule facture de son opérateur, comme en matière de téléphonie mobile. Mais des dysfonctionnements existent encore et l’AFIREV travaille  sur un observatoire qualité et des chartes qualité que signeraient tous les acteurs. A terme, le site je-roule-en-electrique se penchera également sur la mobilité hydrogène. 

Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports

Vers des recharges gratuites ? 

Président de RTE, le réseau de transport de l’électricité, François Brottes est venu défendre l’intérêt du véhicule électrique….pour le réseau ! ”Il n’est plus possible de construire des barrages hydrauliques, alors acheter des véhicules électriques !” a-t-il lancé en forme de boutade. Un véhicule étant immobilisé plus de 90% du temps, il peut en effet servir à stocker de l’électricité produite à bas prix pendant des heures de faible consommation (d’origine solaire ou éolienne par exemple) et la restituer en période de pointe. Autrement dit, jouer le même rôle tampon qu’un barrage ! Le câble reliant le véhicule au réseau peut en effet fonctionner de façon bi-directionnelle. Tel est déjà le cas au Japon, a rappelé par ailleurs le représentant de Nissan. La France n’en est pas encore là, mais ”technologiquement, ce schéma n’a rien de compliqué”, a insisté François Brottes. Dans certains cas, ce rôle d’équilibre du réseau pourrait même être rémunéré !

Pour en savoir plus sur l’électromobilité des professionnels, consultez notre nouveau site d’information dédié à la mobilité durable pro Electruck !

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