Groupe Bert : « Un nouveau TMS pour 2022 »

Directeur de la communication du groupe Bert depuis 2016, Éric Cabaillé relate l’évolution de sa nouvelle maison Astrienne. Il détaille un projet informatique lourd de plus de 4 M€, autour d’un nouveau logiciel de transport, qui constitue aussi une belle aventure humaine !

 

TRM Le Guide : Parlez-nous d’abord du groupe dirigé par Patrice Péricard depuis 1992.

Éric Cabaillé : Le siège de la société est situé à Albon, dans la Drôme. Né en 1964, Bert est adhérent Astre depuis la naissance du groupement en 1992. Rappelons qu’aujourd’hui, Astre est le 1er groupement d’entreprises indépendantes de transport et logistique en Europe avec près de 400 implantations et 27 000 cartes grises.

Bert achemine des produits manufacturés, industriels finis ou semi-finis, des matières premières en bâchés ou fourgon, en plateau ou porte-container, des denrées alimentaires, des voitures, des engins, des citernes, du gaz, du vin, des jus de fruits. Bref on transporte tout, ou presque ! Mais aussi on stocke, on gère, on prépare, on transforme, on trie et on emballe…

 

« Le TMS, c’est le cœur du réacteur. Nous n’avons pas le droit de nous tromper »

 

Le groupe Bert est à la tête de 3000 véhicules et d’une surface d’entreposage de 350 000 m². Comment se répartit votre chiffre d’affaires ? Comment s’est constituée votre croissance ? Comment réagissez-vous face à la crise ?

La logistique pure représente un peu plus de 15 % d’un CA d’environ 200 M€. Les 85 % restants se répartissent pour moitié entre le transport et le pilotage de flux.

Historiquement, le groupe Bert a engendré de la croissance autour d’un triptyque : 30 % de création d’activité et d’agences associées ; 30 % de reprises d’entreprises en bonne santé ; 30 % de reprises à la barre du tribunal. Mais depuis quelques temps, nous avons réorienté cette stratégie pour nous concentrer sur du développement plus que du redressement. Avec quatre reprises sur les quatre dernières années : STS Erob en 2017 dans l’est français (Astrien ; 8 M€ de CA); le groupe Bourrat en 2018 (en région centre ; 35 M€ de CA et quatre implantations) ; et en juillet 2020, Malaurie en Dordogne (Astrien ; 12 M€ de CA).

L’an dernier, l’équipe dirigeante a conçu un plan de croissance à cinq ans. Cette « ambition 2025 » doit nous porter dans le top 20 des groupes français du secteur, sur les activités de transport, de commissionnaire – pilotage de flux, et de logistique. Cela étant, nous faisons preuve d’une certaine prudence en 2021, en anticipation d’une crise économique et sociale de grande ampleur.

Pour l’heure, nous n’avons perdu que 10 à 12 % de notre chiffre d’affaires en 2020. Un recul limité par rapport à nombre de nos confrères, qui s’explique par la diversité de notre portefeuille. Si certains secteurs comme l’automobile ont été lourdement impactés, nos services ont été très sollicités par la grande distribution et les industriels du gaz, notamment au cours du premier confinement. Nous avons ajusté nos moyens d’une agence à l’autre pour répondre à toutes les grandes enseignes. En conséquence, le groupe Bert devrait être capable de traverser cette crise. Nous parions sur un maintien, voire une continuité de croissance.

 

Patrice Pericard PDG du groupe Bert

 

Pour entrer maintenant dans le vif du sujet, pouvez-vous nous dresser une cartographie des briques logicielles utilisées dans votre entreprise ?

Tout d’abord, le groupe Bert a pris conscience de l’importance du digital au début des années 2010, confirmée en 2015 avec la création d’un service informatique. Ce département très stratégique compte aujourd’hui 35 personnes, sans compter les prestataires qui nous accompagnent ponctuellement sur certains projets.

En 2014, nous avons commencé à déployer le logiciel de transport (TMS) Andsoft, qui est aujourd’hui le plus employé dans nos agences. Mais du fait de la reprise de sociétés tiers, nous utilisons également GPI, Akanea et Item informatique. Inévitablement, nous commençons à rencontrer des problèmes de compatibilité entre les solutions.

Parallèlement, nous exploitons trois logiciels d’entreposage (WMS) en fonction des besoins locaux des sites logistiques : Stock it, Speed (BK System) et Reflex (Hardis). Précisons que ce dernier a vocation à répondre à nos clients grands comptes, industriels de taille et grande distribution, tandis que Speed est un logiciel plus simple et intuitif pour adresser de petits volumes. Stock it se situe un peu dans l’entre deux, pour gérer des surfaces moyennes.

D’autres outils informatique sont fondamentaux : les logiciels de ressources humaines (Sohorsys et Teams RH), mais aussi le portail client baptisé Bert information système (BIS), permettant de suivre les livraisons et les opérations logistiques. Depuis 2017, nos clients peuvent ainsi visualiser les différentes étapes de leurs marchandises sur le portail, ou une application mobile associée. Nous retrouvons sur BIS les documents de transport et les factures dématérialisées, ainsi que les flux EDI, donc les commandes de nos clients. En complément, l’application Bert&Partner (depuis 2020) permet de suivre les flux de nos affrétés plus ou moins réguliers. N’oublions pas un dernier module informatique spécifique à la formation, qui s’adresse principalement aux conducteurs itinérants, et regroupe des sessions de visu ou à distance.

 

Suite aux acquisitions d’entreprises, comment allez-vous procéder pour obtenir une homogénéité des flux d’information ?

Nous avons l’intention de réduire le nombre et d’uniformiser ces briques informatiques. Avec l’objectif d’un seul logiciel de transport à l’horizon 2022 dans toutes les entités du groupe. Le TMS, c’est le cœur du réacteur. Nous n’avons pas le droit de nous tromper dans le choix de l’outil que nous utiliserons pendant au moins cinq ans ! Aussi nous sommes en train de conduire un appel d’offres incluant les TMS précités, mais aussi d’autres solutions du marché. Nous avons écrit un cahier des charges sur la base des besoins de nos exploitations, recueillis au cours d’une cinquantaine d’ateliers thématiques en 2020. Dans cette démarche, nous sommes accompagnés par un cabinet de conseil international. Au final, nous serons tous responsables des choix qui auront été faits. C’est d’ailleurs une évolution notable de l’informatique transport. Fini le temps où l’on choisissait un soft sur un salon sur la base d’une rencontre sympathique…

Notre champ informatique est donc très vaste, comme notre ambition. L’investissement total dépasse largement les 4 millions d’euros, plus la mobilisation de toutes nos équipes que l’on peut également chiffrer à hauteur de 5000 jours / homme. C’est donc une belle aventure à laquelle tout le monde participe !

 

Effectivement, la palette fonctionnelle d’un TMS est la base du lien avec tous les services de l’entreprise, mais aussi avec les chargeurs. Quels ont été les grands thèmes de votre réflexion pour constituer ce cahier des charges ?

Parmi les sujets phares, on trouve les statistiques et le reporting, la capacité de réaliser des plans de transport avec du planning graphique. Mais aussi la relation client. Nous sommes dotés depuis trois ans du CRM (customer relation management) Ines. Cet outil accompagne aujourd’hui les forces commerciales, mais pourrait être utile à d’autres services, en lien avec le TMS.

Sur toutes ces questions, il faut aussi s’intéresser au rôle que va prendre l’intelligence artificielle, pour exploiter certains leviers de performance, mais sans tomber dans un tout technologique qui serait contraire à nos valeurs. Nos métiers sont avant tout fait de relations humaines. En outre, il n’existe pas de solution universelle qui répondrait à toutes les problématiques de transport, qui sont de plus en constante évolution. Par exemple, en reprenant Bourrat, nous avons plongé dans des activités nouvelles chez Bert : le porte voitures, la citerne pétrolière, les hydrocarbures et le transport exceptionnel.

 

Concernant les ordinateurs de bord, quel est aujourd’hui votre équipement ?

Notre informatique embarquée est constituée de 3 solutions qui découlent de l’historique de chaque périmètre de sociétés issues du parc Bert ou acquises récemment. Nous utilisons des ordinateurs Add Secure (ex-Vehco) pour toutes les sociétés du groupe avant 2017 (environ 600 moteurs) ; ainsi que Transics pour les sociétés STS Erob, Bourrat Transports, Bourrat Distribution et Malaurie (environ 250 VI). Parallèlement, nous exploitons une télématique RTL (solution du groupe Add Secure) pour les sociétés Bert Energie et Bert Industrie qui servent exclusivement deux clients majeurs du gaz industriel et médical en France, respectivement Air Products et Linde Gaz (250 VI). Cette solution, outre les classiques des fonctions de tracking, nous permet de disposer d’un lien vidéo en cas d’incident / accident avec un déclenchement de caméra. Un dispositif idéal pour ce type de trafic sensible qui nécessite un suivi poussé pour des raisons évidentes de sécurité.

 

Sera-t-il nécessaire d’homogénéiser la télématique ?

Sans doute. Dans la continuité du projet TMS, nous prévoyons d’ouvrir un nouveau chantier sur l’informatique embarquée. Sans avoir encore vraiment creusé le sujet, il est probable que nous nous orientions vers des solutions de mobilité plus flexibles qu’une informatique fixée au véhicule

Propos recueillis par Wilfried Maisy / sensimages.fr

GROUPE BERT | DATES ET CHIFFRES CLÉS 2020

1964 : Création de la société BERT par Jean et Marie-Antoinette BERT

1992 : Cession de l’entreprise à 5 de leurs cadres dont Patrice PERICARD

2012 : 2ème LBO avec cession de la société à Patrice PERICARD et 6 autres cadres issus du middle management.

CA 2020 cumulé de 198M€

1600 collaborateurs

30 sites logistiques

350.000 m2 de surfaces de stockage

+ de 70 implantations en France

+ de 1.000 moteurs et 3.100 cartes grises

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