Elisabeth Borne se déporte des dossiers sensibles

Dure vie que celle de ministre en période de remaniement lorsque toute la presse est sur les dents à attendre trop longtemps la liste du nouveau gouvernement … Ce doit être pour aujourd’hui, lundi 15 octobre, ou demain au maximum, avant le conseil des ministres de mercredi.

Le dernier os à ronger, qui a été déterré par le quotidien Le Monde, concerne Elisabeth Borne, qui évidemment a eu une vie avant de devenir ministre des transports le 17 mai 2017, rattachée au ministre de la Transition écologique et solidaire. A 57 ans, Elisabeth Borne a un parcours exemplaire. Diplômée de l’École polytechnique, de l’École nationale des ponts et chaussées et du Collège des ingénieurs, elle intègre le ministère de l’Équipement, avant de rejoindre la direction régionale de l’équipement d’Île-de-France (1989). Elle sera ensuite conseillère successivement auprès de Jack Lang (éducation) puis Lionel Jospin (éducation). Elle le suivra ensuite à Matignon comme experte transports. Puis, Elisabeth Borne déroule une carrière à la SNCF, Eiffage, Mairie de Paris, avant de devenir préfète de la région Poitou-Charentes. Elle sera ensuite directrice de cabinet de Ségolène Royal (ministre de l’écologie) et juste avant de devenir ministre des transports dans le gouvernement d’Edouard Philippe, PDG de la RATP.

Elisabeth Borne, une ministre de terrain

C’est justement ce dernier poste qui fait débat. La RATP est candidate à l’exploitation de CDG Express entre Paris et l’aéroport de Roissy. La ministre a préféré se déporter samedi 13 octobre de l’attribution du marché d’exploitation. C’est donc son ministre de tutelle, François de Rugy, qui suivra ce dossier. La confirmation est parue au journal officiel. « Cette décision a été prise afin de prévenir toute suspicion possible de conflit d’intérêts, compte tenu des responsabilités précédemment exercées par Elisabeth Borne à la tête de la RATP, qui est membre d’un groupement candidat à l’attribution de ce contrat » précise Le Monde.

Un second dossier qui sort opportunément des tiroirs est celui de la construction d’un tronçon de l’autoroute A79 dans l’Allier (la route Centre Europe Atlantique). En effet, les entreprises en compétition sont NGE, SPIE, Vinci, Bouygues et Eiffage, entreprise où est passée Elisabeth Borne … de là à la soupçonner de confit d’intérêts, il n’y a qu’un pas franchit par des âmes charitables. « Dans le petit milieu des travaux publics, chacun sait que cette partie de la France est déjà un peu la chasse gardée d’APRR, la filiale autoroutière d’Eiffage, explique l’expert. Mais si, en plus, la ministre décisionnaire est une ancienne de la maison, il va être compliqué de faire croire à une situation normale de concurrence. » précise un spécialiste au Monde. Au cabinet de la ministre, on qualifie cette hypothèse d’absurde. En effet, Elisabeth Borne, a été directrice des concessions chez Eiffage, entreprise qu’elle a quittée en 2008, plus de 5 ans avant que l’Etat ne prenne la décision, en juillet 2013, de mettre ce projet en concession.

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