Ecologie

Elisabeth Borne occupe le terrain médiatique, les sujets ne manquent pas.

Jean-Yves Kerbrat
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La nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds et au cœur de l’été, elle occupe la scène médiatique afin de préparer une rentrée qui pourrait être chaude. Ainsi, nous avons pu lire très récemment des interviews publiés, entre autres,dans le Journal du Dimanche, l’Express et Le Parisien  

Une feuille de route dense

Ces dossiers sont nombreux et ils s’annoncent complexes. Différents secteurs économiques, dont les transports routiers, ont fait part de leurs craintes sur des décisions contre-productives à venir pour les professionnels. Pour les politiques, ça s’appelle “Verdir” les transports.  Le projet de loi sur les mobilités (LOM), un texte fleuve qui vise à faire prendre aux transports (en tous genres) un virage forcé vers l’écologie. La loi LOM sera vraisemblablement votée en septembre après une nouvelle lecture au Parlement. Elle doit aussi bien étendre des interdictions de rouler pour certains véhicules, en certains lieus et certains moments que responsabiliser les usagers de la trottinette. Il s’agit donc d’une loi fourre-tout qui fait peur. En attendant, les lobbies de tous poils sont en embuscade.

Avec ses nouvelles responsabilités, Elisabeth Borne est en première ligne

Ainsi, de nouvelles taxes sont inscrites à l’horizon 2020, à la fois pour les poids-lourds sur le gazole et les avions par une taxe écologique. Routiers comme aviateurs sont vent debout ! Ces mesures doivent être intégrées dans la loi énergie climat. Côté taxe carbone, qui a déclenché  Quant à la hausse de la taxe carbone, qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes, elle est reportée (alors qu’il s’agissait d’une priorité). Le gouvernement attend les débats prévus lors de la convention citoyenne se déroulant à la rentrée. Il s’agit de réunir 150 Français inscrits sur les listes électorales et sur les listes des abonnés au téléphone, pour mobiliser largement y compris des gens qui se sont désintéressés des élections. La convention citoyenne est co-présidée par Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, et Laurence Tubiana, présidente directrice générale de la Fondation européenne pour le climat. Les conclusions devaient être présentées début 2020.

Les autres sujets brulants concernant le Nucléaire et les énergies renouvelables. Pour cela, l’adoption du projet de loi énergie est attendue avec impatience afin d’entériner la feuille de route énergétique de la France à horizon 2028. La loi prévoit la fermeture de 14 réacteurs nucléaires sur 58 d’ici à 2035, mais ouvre aussi la porte à la construction de nouveaux réacteurs. Elle fixe également les principes de développement des énergies renouvelables avec des appels d’offres réguliers, en particulier dans le solaire et l’éolien. La loi énergie climat permettrait aussi de faire évoluer le mode de calcul des tarifs régulés de l’électricité et du gaz. Les autres dossiers traitent de la préservation de la biodiversité, le sort des animaux et la guerre contre les plastiques. Autant de sujets sensibles.

Elisabeth Borne fixe le cap lors d’une interview pour L’Express « C’est la neutralité carbone qui est la priorité de l’acte 2 du quinquennat. Mon rôle, c’est de trouver les réponses concrètes et le chemin pour y arriver. Ma préoccupation constante sera de ne laisser personne sur le bord de la route et d’avancer avec les Français » Mais elle sait que ce ne sera pas facile en ajoutant aussitôt « Pour lutter contre le réchauffement climatique, il est plus efficace d’être constructif et d’agir plutôt que de passer son temps à créer un climat de défiance qui finit par faire du tort à l’écologie ». Mais tout ceci reste des généralités et c’est bien dans sa dernière interview donnée au Parisien, le dimanche 4 août que nous trouvons des décryptages plus précis. Retenons trois questions (et leurs réponses)

Le routier ne doit pas être oublié

Concernant les transports, la circulation différenciée lors des pics de pollution, c’est suffisant ?  Non. On ne peut pas agir uniquement avec cette mesure. C’est pour cela que nous avons lancé des zones à faibles émissions. Le principe consiste en la possibilité pour une collectivité de restreindre l’accès d’une partie du territoire pour les véhicules les plus émetteurs de polluants. Aujourd’hui, nous avons 23 territoires, ce qui représente 17 millions de Français, engagés dans ces zones. Il y a en avait seulement 2 au début du quinquennat.

Elisabeth Borne ne veut pas laisser de côté le budget des routes

Les routiers menacent de bloquer les routes à la rentrée pour protester contre une baisse de remboursement de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, principale taxe sur l’essence). Cela vous inquiète ? Il faut écouter les inquiétudes et nous aurons des discussions à la rentrée. Les routiers ont l’impression que plusieurs mesures du gouvernement, comme notamment le bonus-malus sur les CDD courts, la taxation des CDD d’usage, mais aussi une baisse de remboursement de la TICPE , les ciblent particulièrement. Personne n’est là pour mettre un secteur en difficulté.

Vous pourriez revenir sur cette baisse de remboursement de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques ? On a un effort sans précédent à faire sur la remise en état du réseau routier et les entreprises de transport le savent.

De nombreux autres thèmes sont traités dans ce long interview. Nous vous conseillons d’aller le chercher sur le site du Parisien  www.leparisien.fr/.

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