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Dossier CNR, le transport routier de marchandises allemand en 2018

Jean-Yves Kerbrat

Voici une étude exceptionnelle proposée par le CNR. On y apprend que le pavillon allemand, premier en Europe, se tourne de plus en plus vers son marché intérieur, baissant les bras à l’international face à la concurrence des pays à l’Est de l’Europe. Le pavillon est fragilisé par la pénurie de main d’œuvre, les coûts d’exploitation en hausse et les contraintes écologiques. Ainsi, son activité stagne depuis plusieurs années. 

Les transporteurs allemands cherchent à recruter à tout prix. Par conséquent, les salaires sont en hausse, notamment dans les Länder Est du pays. Les conducteurs, exigeants sur leurs conditions de travail, demandent de retourner systématiquement chez eux le week-end. L’arrivée de conducteurs originaires des pays voisins à l’Est apaise un peu les tensions sur le marché du travail. Ces derniers, acceptant des déplacements de plusieurs semaines à l’étranger suivis d’une semaine à la maison, empêchent l’activité internationale allemande de s’effondrer. De surcroît, ils sont nettement moins bien rémunérés que leurs collègues allemands. Néanmoins, la source devient rare et la hausse des salaires à l’Est de l’Europe encourage de moins en moins de conducteurs à s’expatrier en Allemagne. 

Finalement, le coût kilométrique allemand à l’international ressort à 94 % de celui du pavillon français malgré un coût de conducteur 16 % moins élevé outre-Rhin. Il est loin le temps où le pavillon allemand était classé premier à l’international. Nous étions en 2007. Ensuite, dès 2009, l’Allemagne était touchée de front, comme beaucoup d’autres pays, par la crise économique mondiale, mais le pays se relève rapidement et enregistre une croissance de + 4,1 % dès 2010. L’économie allemande peut en effet compter sur les exportations de produits à forte valeur ajoutée comme l’automobile et d’autres produits industriels. De plus, la hausse de la consommation des ménages a permis à l’Allemagne de conserver son économie florissante. Dans ce contexte, le TRM allemand reste également dynamique. En 2016, le pavillon conserve la première place du classement sur l’activité totale suivi de très près par la Pologne, grâce, notamment, à une activité nationale soutenue. Afin de mieux comprendre la place du pavillon allemand dans le paysage européen, le CNR a réalisé en 2017 et 2018 une étude sur le TRM allemand. Elle a été menée en collaboration avec Monsieur Laurent Guihéry, professeur des universités à l’Université Cergy-Pontoise, expert en sciences des Transports.

Ci-dessus, nous vous proposons de télécharger la version complète de ce dossier.

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