Vie des entreprises

Brexit, tout est possible … et le serpent se mord la queue !

Jean-Yves Kerbrat

Le transport routier, comme l’industrie automobile retiennent leur souffle. Plus la date fatidique du mois d’octobre, ou avant, ou après, personne ne sait, plus le brouillard devient épais. Le Brexit restera pour les Européens un vrai gâchis. Et on n’est pas au bout de nos peines. Aujourd’hui, la Commission européenne a annoncé début août être prête à une sortie brutale du Royaume-Uni. Malgré ce que chacun prépare d’un côté à l’autre de la Manche, il est impossible de savoir ce qui va se passer pour les européens résidents, pour les industriels qui exportent et importent … et pour le monde du transport au sens large. Les compagnies aériennes, maritimes et de transport routier s’interrogent et elles n’ont aucune réponse fiable, ce qui est très compliqué lorsqu’il faut gérer, prévoir, investir.

L’Europe assure être prête

Curieusement, la Commission européenne joue la montre et la méthode Coué est, dans certains cas, bien pratique. Les fonctionnaires bruxellois parlent de mesures transitoires qui pourront limiter les perturbations sur les transports et le secteur financier en cas de no deal. Elles seraient même prêtes depuis longtemps. Personne n’a attendu l’arrivée de Boris Johnson comme premier ministre. Toutes les hypothèses ont été passées au peigne fin. Finalement, 90 notices sectorielles ont été rédigées afin d’aider les entreprises à se préparer aux formalités douanières et aux restrictions qui s’appliqueraient une fois le Royaume-Uni sorti du marché unique.

Si Brexit il y a, la pagaille sera là …

Les transports sont en première ligne. Pour le routier, la mise en place de contrôle beaucoup plus tatillon représenterait une catastrophe économique et une perte de temps et d’exploitation incalculable en l’état. Le rétablissement des contrôles douaniers et phytosanitaires verra naitre d’énormes engorgements sur tous les ports sur la Manche, principalement Calais et Dunkerques en France et Zeebrugge, Anvers et Rotterdam pour le Benelux. Chez nous, cela fait des mois que l’organisation est repensée et les effectifs de douane et de police augmentés.

Des aides, mais pas pour tout le monde

Pour amortir le choc, les instances européennes promettent des aides aux secteurs les plus fragiles comme la pêche ou l’agriculture. Mais les finances disponibles s’annoncent limitées.  Les industriels installés en Grande-Bretagne se posent aussi beaucoup de questions et les constructeurs automobiles, dont l’organisation industrielle et logistique est totalement européenne ont déjà pris des initiatives afin de ne pas augmenter leurs coûts et perdre des parts de marché. Ici aussi, le brouillard est dense et ne se dissipe pas. Et naturellement les transporteurs routiers sont impactés sur des flux aléatoires.

C’est là que le chantage arrive, sournois puisqu’il semble que le nouveau premier ministre Downing Street agite surtout la menace de ne pas régler la facture de plus de 30 milliards d’euros réclamée par les institutions européennes concernant des engagements budgétaires déjà pris par les anglais qui minimisent pour le moment le coût politique qui accompagnera le coût économique. Il est en effet probable que des contrecoups arriveront un peu comme le tsunami après le tremblement de terre.

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