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21 mesures pour atteindre 5,2 millions de véhicules électriques en 2030

De gauche à droite, Jean-Paul Hauet, Schneider, Bouygues, EDF, VW, Wavestone.
Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat
L’association Equilibre des Energies, plate-forme qui a pour but de fédérer des acteurs de l’énergie, du bâtiment et de la mobilité a réalisé une étude consacrée au développement du véhicule électrique de 2019 à 2030. Epaulé par le cabinet Wavestone et à la demande de ses 5 membres dont Bouygues Energies & Services, EDF, Volkswagen Group France, Schneider Electric et Enedis, l’étude réalisée a montré qu’il était possible de réussir la transition vers l’électrique à la condition d’agir ensemble.

Brice Lalonde, écologiste

À la suite de la COP21 et de l’Accord de Paris sur le climat, la France s’est engagée vers un objectif de 4,8 millions de voitures électriques en circulation d’ici 2028. Malheureusement, forcé de constater que les premières mesures prises et le rythme de développement du véhicule électrique ne sont pas suffisant pour atteindre ces objectifs. L’étude tend à montrer que les changements qu’impliquent l’électrique et les répercussions que cela engendre sur l’ensemble de la société restent des freins de taille au développement de la filière.

Pourtant, le développement de la mobilité électrique est un axe majeur de la transition énergétique. C’est pour cela que l’association Equilibre des Energies a souhaité faire le point sur le rythme de développement effectif du véhicule électrique et sur ses perspectives en interrogeant les particuliers, artisans et gestionnaires de flottes, constructeurs, loueurs, fournisseurs d’électricité, gestionnaires de réseau, acteurs du transport de personnes, gestionnaires d’infrastructures de transport, acteurs des territoires, acteurs du bât… Cette étude met en lumière que les objectifs visés sont conditionnés à la mise en oeuvre rapide d’actions concrètes comme l’autonomie des véhicules, le déploiement des stations de recharge, les habitudes des consommateurs…

Jean-Paul Hauet, conseiller scientifique de l’association Equilibre et Energie

Face à ces barrières, les consommateurs font plutôt le choix d’attendre que les technologies soient plus matures. Or, cela freine d’une certaine façon le développement du véhicule électrique. Par exemple, en entreprise, la fiscalité et la réglementation ne vont pas en faveur de l’électrification (calcul de l’avantage en nature pénalisant les véhicules de fonction électriques, statut fiscal de la recharge en entreprise, gestion de la recharge plus complexe, etc.) explique l’association.

Thierry Lespiaucq PDG Volkswagen France ” l’enjeu est fondamental. En 2050, nous ne vendrons plus une voiture thermique. Notre gamme sera 100% décarbonée”.

Ainsi, 21 mesures ont été définies pour assurer le succès de la mobilité électrique. Celles-ci s’organisant autour de trois grands axes :

La transformation de l’image du véhicule électrique auprès du grand public et des entreprises
  • Mieux faire connaître les points forts du véhicule électrique dans la transition énergétique
  • Mieux faire connaître les avantages du véhicule électrique pour l’usager
  • Construire des expériences d’achat propres au véhicule électrique
  • Sensibiliser et former les métiers en lien direct avec le client
  • Organiser une campagne de communication en direction des entreprises
  • Favoriser la transition des taxis et VTC vers le véhicule électrique
  • Accompagner les collectivités dans leur politique de mobilité et de promotion du véhicule électrique
Le déploiement d’une offre plus large de véhicules et de services rendant le véhicule électrique plus attractif que le véhicule thermique
  • Pérenniser pendant trois ans les incitations financières à l’acquisition d’un véhicule électrique
  • Soutenir le développement d’une industrie française et européenne du véhicule électrique y compris des batteries
  • Adapter la fiscalité afin de placer le véhicule électrique à parité avec le véhicule thermique
  • Accompagner la vente de véhicules électriques de services levant les obstacles pour le client
  • Informer et rassurer les utilisateurs sur la localisation et la disponibilité des bornes accessibles au public
  • Préparer et stimuler le marché de l’occasion – Sécuriser la valeur de revente (diagnostic batteries)
Le développement d’infrastructures de recharge suffisantes pour donner aux électromobilistes l’assurance d’un rayon d’action suffisant
  •  Elaborer et piloter des schémas directeurs d’implantation des IRVE accessibles au public
  • Confier aux gestionnaires de réseau de distribution une mission de service public de référent technique dansle déploiement d’IRVE dans les copropriétés
  • Débloquer l’accès à la recharge à domicile en logement collectif
  • Accélérer l’équipement des parkings publics en IRVE
  • Favoriser le développement des IRVE sur les parkings employés des entreprises
  • Déployer une IRVE sur autoroutes et voies rapides permettant les longs trajets
  • Conseiller les acteurs économiques sur l’équipement en IRVE de leurs parking clients
  • Préparer le déploiement de nouveaux modes d’échanges entre véhicules, bâtiments et réseaux

L’étude conclut, sous réserve de la mise en oeuvre de cet ensemble de recommandations, à la possibilité d’atteindre en 2030 un parc automobile de 5,2 millions de véhicules particuliers électriques (dont 2 millions de véhicules hybrides rechargeables). Cette trajectoire s’inscrirait en adéquation avec les prévisions gouvernementales et en particulier avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Mais l’association met en garde en rappelant l’histoire récente… En effet, différentes tentatives d’électrification du parc automobile ont déjà eu lieu et aucune n’a réussie… Toutefois, à la différence des précédentes, aujourd’hui la technologie est mature. “Il importe donc désormais d’accompagner structurellement le développement du véhicule électrique pour ne pas le voir échouer, à nouveau, aux portes du marché de masse. Le risque principal pesant sur le véhicule électrique est celui d’un essoufflement du marché, avant que soit atteint une diffusion de masse, du fait de l’absence d’actions soutenant sa croissance et élargissant le marché accessible “, conclut l’association Equilibre des Energies.

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