Carrosserie

Véhixel reste dans la famille avec le Groupe Trouillet

Jean-Yves Kerbrat
Ban_cofisoft


Véhixel, la belle entreprise de la zone d’activité d’Attignat dans l’Ain va poursuivre son chemin après une nouvelle épreuve. Le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse a désigné le Groupe Trouillet pour reprendre l’entreprise, en redressement judiciaire depuis le mois de juillet. Parmi les deux repreneurs potentiels, c’est Éric Trouillet, le frère de Dominique, précédemment dirigeant, qui reprend l’entreprise spécialisée dans la construction de véhicules de transport de fonds, de minibus et de cars scolaires sur deux sites à Bourg-en-Bresse et Attignat. Sur les 142 personnes qui y travaillaient encore, le Groupe Trouillet prévoit d’en conserver 75.  Le site de Bourg en Bresse a toujours une activité soutenue avec les véhicules blindés et de transport de fond. C’est la production dédiée au transport de voyageurs, minibus et cars de 9 à 34 places, à Attignat, représentant deux tiers de l’activité, qui a subi une chute importante de commandes évaluée à moins 40% d’où une perte de 2 millions d’euros constatée en six mois.

Eric Trouillet

Éric Trouillet, à la tête de 27 sociétés, avait déjà repris le carrossier industriel Samro à Fontenay-le-Comte et SAIRP Composites. Il développe aussi avec succès une activité de location de véhicule industriel. Sa principale unité de production est située à Neuville-aux-Bois (45). Véhixel avait réalisé 35 et 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 et 2016. Selon Dominique Trouillet, le marché est morose, évoquant une baisse de 30% des immatriculations au premier semestre pour ce type de véhicules diesel. Les nouvelles énergies sont plébiscitées et Véhixel n’a pas les moyens faire face malgré un partenariat avec Iveco pour le gaz et Renault Trucks pour l’énergie électrique « On a sous-estimé l’impact de la loi sur la transition énergétique. Les décisions politiques sont allées plus vite que notre capacité industrielle à se mettre au niveau », expliquait l’ancien dirigeant dans le quotidien Les Echos. Les succès commerciaux avec le référencement auprès de l’Ugap, la centrale d’achat des collectivités et du secteur hospitalier avec un potentiel de 200 véhicules sur trois ans n’ont pas suffi d’autant que S’Cool, nouveau bus scolaire de 44 places, a couté cher en développement et son homologation a tardé.

L’autobus S’Cool n’a pas eu le temps de faire ses preuves

La génèse de l’entreprise remonte à 1957 où André Trouillet, avec son épouse Micheline, crée un atelier de carrosserie à Vanves (92) après un tour de France avec les Compagnons du Devoir. C’est l’une des très belles réussites de la carrosserie industrielle française. Après avoir pris sa retraite, il a continué à suivre de près des aventures industrielles de ses fils, tous les quatre entrepreneurs. C’était sans doute sa très grande fierté. Lors d’une interview, à la question « Si c’était à refaire » Il répondit immédiatement « Et bien, je referai exactement la même chose. Je suis charron de formation. Ensuite, j’ai développé une entreprise de plusieurs centaines de salariés. C’est une aventure exceptionnelle ».  Mais il pensait aussi que le métier de carrossier industriel nécessite à la fois des connaissances techniques mais aussi du bon sens et de l’observation pour suivre le marché. Un bon conseil à suivre …

Le transport de fond reste porteur

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