Poids lourds Vie des entreprises

Véhicules industriels, une année exceptionnelle en 2018, encore solide en 2019.

Jean-Yves Kerbrat

« 2018 restera dans les annales comme une superbe année proche des plus hauts de 2008 pour tous les segments d’activité alors que le transport routier de marchandises consolide sa situation financière et l’activité des travaux publics reste globalement positif » déclare Jean-Michel Mercier, directeur de l’OVI (Observatoire du Véhicule Industriel), une émanation de BNP Paribas Rental Solutions, en introduisant la présentation de début d’année. Puis, il poursuit en évoquant 2019 « L’année qui commence devrait également être positive, malgré une tendance baissière. Alors que 2018 aura vu une montée en puissance des thématiques liées à la transition énergétique, 2019  pourrait être la confirmation d’une montée en puissance de nouvelles énergies et de nouveaux modèles de mobilité. Mais Le prix de l’énergie et les coûts à envisager pour en changer ont été, notamment, à l’origine de la crise des gilets jaunes. Ce mouvement aura permis de pointer du doigt la nécessité de créer un modèle économique vertueux pour l’environnement mais viable économiquement. »

Donc, 2019 pourrait voir un marché du véhicule industriel conserver une orientation positive mais toutefois avec des immatriculations en baisse de -5,5% en raison d’un marché des tracteurs routiers à son plus haut actuellement alors que celui des porteurs connait un allongement important des délais de livraison compte tenu des retards rencontrés chez les carrossiers industriels. La dynamique du secteur pourra aussi être tiré par le développement des véhicules propulsés par de nouvelles énergies. En effet, de nombreux transporteurs ou comptes propres s’intéressent au gaz ou à l’électricité.

En revenant à 2018, les immatriculations en Europe des véhicules de 3,5 tonnes et plus sont en nette progression avec 393 664 immatriculations. Il s’agit d’une progression constante depuis 2014. Le volume du marché a augmenté en cinq ans de 35,7 % et a atteint des volumes supérieurs à 2005. Dans  ce contexte, tous les pays affichent des résultats en progression mais trois zones paraissent plus dynamiques : la France (55 155 immatriculations, en hausse de + 9,3 %, qui s’approchent des meilleurs résultats réalisés en 2005 et en 2008), le Bénélux (+ 9,0 % qui reste assez loin de ses meilleures années), l’Europe de l’Est (en progression de +7,5 %), et notamment la Pologne (+ 11,6 % qui enchaîne les records avec + 35,2 % par rapport à 2008).

Jean-Michel Mercier, à gauche, avec Christophe Tharrault, Volvo Trucks

Dans ce contexte, les tracteurs routiers confirment d’excellentes performances avec 27 557 unités, déjà atteinte à fin novembre, résultat proche des meilleures années 2000 et 2008. La capacité d’endettement retrouvé du TRM et l’efficacité des véhicules EURO VI expliquent en grande partie cette performance. Le secteur e la carrosserie industrielle est aussi très dynamique autant en utilitaires légers que poids lourds. Ainsi, le marché des porteurs poids-lourds carrossé progresse, sur une année, de 7,3 %. La principale catégorie, les bennes et les véhicules liés au BTP, gagne 17,2 % avec 8 069 véhicules carrossés. Le marché des remorques et semi-remorques est aussi très dynamique avec une progression de 16 % à 26 362 unités. Ce résultat s’inscrit entre les 26 147 unités en 2017 et 28 372 unités en 2018 parmi les meilleures années du 21ème siècle. Côté utilitaires légers carrossés, la progression atteint des résultats jamais affichés : 56 215 immatriculations pour une progression annuelle de 10,9 % et + 55 % depuis 2013.

PREVISION 2019

 

2018 estimée Variation 2017 Prévisions 2019 Variation 2018
TRACTEURS 30 000 + 8,4 % 28 000 –          6,6 %
PORTEURS 24 500 + 7,6 % 23 500 –          4.0 %
TOTAL 54 500 + 8,0 % 51 500 –          5,5 %

 

 

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