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Les transporteurs dénoncent des surfacturations d’autoroutes

Jean-Yves Kerbrat

Vinci est dans le collimateur. Les premiers à être montés au créneau sont les transporteurs de la région PACA, règion très impactée, qui ont réagi à la réception des factures du mois de novembre. Des surfacturations en cascade sont en relation avec le mouvement des gilets jaunes qui ont activé de nombreux « péages gratuits ». « Nous sommes là dans une situation exceptionnelle et assez incroyable. Nous avons des camions qui entrent sur l’autoroute avec leur badge. Mais lorsqu’ils sortent, le péage est fermé. Et du coup, la société d’autoroutes leur facture le prix du trajet le plus long. » explique Jean-Marc Montagnac, secrétaire général régional de l’OTRE à une journaliste de La Provence.

Chez Vinci Autoroute (Escota, ASF et Cofiroute), le service communication réfute toute facturation de ce type depuis le début du confit des gilets jaunes « en raison du caractère exceptionnel de la situation ». Autrement dit, pas de surfacturation sur l’ensemble du réseau Vinci. Portant, l’OTRE n’en démord pas prévenant qu’en aucune manière ces entreprises ne sont responsables de ces dysfonctionnements dont elles ont aussi été les victimes.  « Les conséquences sont immédiates, les factures adressées aux entreprises par les sociétés d’autoroutes ou les sociétés habilités au télépéage, comportent de nombreuses lignes de surtaxation calculées sur le principe dit du trajet le plus long, les badges de télépéage n’ayant pas été détectés à l’entrée ou à la sortie de l’autoroute. »

Si l’OTRE ne remet pas en cause le principe du « trajet le plus long » appliqué dans un cadre habituel de fonctionnement, elle rappelle que la réglementation qui permet aux sociétés d’autoroute de réclamer un dû à des usagers est principalement fait pour des utilisateurs qui ont véritablement filouté le péage. Ce n’est à l’évidence pas le cas des transporteurs routiers.

« Il est hors de question que les entreprises aient à supporter des démarches administratives contraignantes et coûteuses pour obtenir réparation de leur préjudice. Nous demandons l’annulation pure et simple des lignes de facturations liées à l’application du principe du « trajet le plus long » matérialisées sur les factures depuis le 17 novembre. Elle demande à l’État d’agir immédiatement auprès des sociétés concessionnaires d’autoroutes pour faire aboutir cette demande. » exige l’OTRE dans un communiqué.

« On s’en doutait un peu, mais là, les avis de prélèvement arrivent. Une entreprise, qui a des dizaines de véhicules, devra éditer toutes les factures, en justificatif de ses trajets et tout repointer. Vous imaginez le travail que cela représente et la difficulté de contester chaque trajet » complète Jean-Marc Montagnac dans le quotidien régional.

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