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Transport routier – le numérique dans les entreprises en 2018

Jean-Yves Kerbrat

Le CNR (Comité National Routier) publie une étude passionnante précisément sur le thème de notre magazine TRM Le Guide technologique du transport routier de marchandises. Ce magazine fait justement la part belle aux témoignages de transporteurs … du conducteur au dirigeant.

L’introduction de l’étude publiée par le CNR se veut justement provocatrice « L’image d’une activité rudimentaire colle encore parfois aux bâches des savoyardes. Pourtant le camion moderne vit bien à l’heure de l’omniprésente data et les transporteurs savent les exploiter massivement. Pour preuve, les résultats exclusifs de cette nouvelle enquête menée par le CNR. »

Ensuite, ne voulant pas modifier la présentation de cette enquête, la voici complète et exhaustive … Bonne lecture. (et bonne lecture également de TRM Le Guide n°4 – PDF en ligne sur www.transportissimo.com. Version imprimée disponible … )

TRM LE GUIDE au cœur des préoccupations numériques des transporteurs

ENQUÊTE Taux de pénétration du numérique en 2018 dans les entreprises de TRM

Au cœur du questionnement, les données informatiques, qui circulent partout, sont-elles exploitées par les transporteurs routiers et par quels moyens ? Le CNR a interrogé son panel représentatif des transporteurs français exploitant des ensembles articulés 44 tonnes. Résultat, 93 % d’entre eux déclarent exploiter les données informatiques à leur disposition. Parmi ces transporteurs « connectés », les données les plus exploitées sont la géolocalisation du véhicule, pour 83% des cas, et les temps de service, pour 80 % des cas. En revanche, certaines « fonctions » attendent encore d’être plus largement développées, tels la traçabilité des marchandises (20 %) et le suivi des parcours à vide (16 %).

Cette exploitation des données informatiques « métier », c’est-à-dire hors les logiciels de comptabilité ou de paye présents dans toute entreprise, passe généralement par une solution de gestion intégrée (ERP, TMS, etc.). C’est le cas de 73 % des entreprises qui exploitent des données informatiques. Autre aspect, dans 66 % des cas ces fonctions sont actives en temps réel.

Le conducteur acteur de la productivité de l’entreprise

Quels sont les logiciels adoptés ? Cette question posée pour chacune des 11 fonctions « métier » révèle une atomisation du marché des éditeurs de solutions. Quelques noms se détachent néanmoins. TRANSICS arrive souvent premier, par exemple pour la géolocalisation des véhicules, le suivi du kilométrage et le suivi des parcours à vide. On peut citer également TRIMBLE, leader du suivi de la consommation des véhicules et du suivi des temps de service, ITEM, premier pour le calcul des émissions de CO2 et la gestion des plannings conducteurs, et XYRIC, en tête de classement pour la traçabilité des marchandises. Le calcul des itinéraires est le plus souvent fait avec des solutions gratuites disponibles sur internet, PTV apparaît ensuite leader des solutions payantes. Dans le même esprit, le calcul des prix de revient est réalisé via des logiciels de bureautiques ou des développements maison dans la moitié des cas. L’éditeur ACALC se détache ensuite avec une part de marché de 23 %, taux le plus élevé parmi toutes les fonctions analysées.

Derrière on trouve profusion d’acteurs, même en regroupant marques et produits déclinés sous des appellations commerciales différentes, mais synonymes. Le CNR classe les éditeurs ayant reçu au moins 4 réponses et cite ceux mentionnés 2 ou 3 fois. On arrive alors généralement à une vingtaine de noms. Sur cet aspect du marché, le CNR propose dans son étude un travail synoptique inédit, ayant vocation à être optimisé et enrichi chaque année.

Autre sujet au cœur de la digitalisation, l’échange des données informatiques automatisé avec les partenaires économiques. Cette notion d’EDI, retenue dans une acception ouverte, est pratiquée par 33 % des transporteurs interrogés. La taille de l’entreprise discrimine clairement les résultats : 6 % chez les moins de 20 salariés contre 61 % chez les 100 salariés et plus.

Sept natures de données ont été mesurées : bon de commande, avis d’envoi, référence du lot, bon de livraison, lettre de voiture, réserves et factures. C’est le bon de commande qui passe le plus souvent par un EDI, 84 % des transporteurs pratiquants, et la transmission des réserves qui est le moins souvent « automatisée » : 36 %.

Enfin, le panorama ne serait pas complet sans évoquer les bourses de fret et les marketplaces internet. Les premières sont entrées dans les mœurs depuis des décennies : 94 % des transporteurs routiers y ont recours pour trouver des lots, pour un poids moyen dans leur chiffre d’affaires de 13 %. Le leader 2018 est B2PWEB, ses challengers sont TELEROUTE et TIMOCOM (en nombre d’entreprises équipées). Quant aux marketplaces internet, seuls 4 % des transporteurs interrogés y ont recours, à travers ce qui ressemble encore à des tests.

Retrouvez l’enquête que le site du CNR:

http://www.cnr.fr/Publications-CNR/Entreprises-de-TRM-Taux-de-penetration-du-numerique-en-2018

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