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Transport routier, la neige a fondu, la colère demeure

Jean-Yves Kerbrat
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Après trois jours difficiles, du 6 au 9 février, sur les routes, principalement en Ile-de-France, la circulation est redevenue fluide, mais la colère des transporteurs est tenace compte tenu des énormes dysfonctionnements vécus par les entreprises, les conducteurs et leurs clients.

Toutefois, en toute chose, il faut trouver des aspects positifs. Ici, nous nous rendons compte de la solidarité et la connivence entre les transporteurs et leurs clients … comme le sympathique message sur les réseaux sociaux émanent de Jean-Philippe Mazet, directeur transport chez Carrefour « Merci à l’ensemble des équipes Carrefour et Partenaires Transporteurs et Logistiques pour la gestion de cette semaine hors norme ». Il précise que cela a demandé des efforts spécifiques. Mais avec l’implication de tous les hypermarchés étaient approvisionnés en Ile-de-France depuis le jeudi 8 février. La situation était plus compliquée pour les supermarchés et magasins de proximité qui avaient été eux aussi approvisionnés le jeudi après-midi.

Jean-Philippe Mazet, directeur transport chez Carrefour

Cet épisode calamiteux aura eu, espérons-le, le bénéfice de faire comprendre aux gouvernants, mais aussi à la population, la place essentielle du transport routier de marchandises pour l’approvisionnement de tout-un-chacun. Durant cette période, certes courte mais au combien pénible, de nombreuses usines se sont arrêtées, les magasins n’ont pas été livrés et le courrier n’a pas été transporté. Mais ce ne sont que quelques exemples. Le principal problème rencontré est un manque de coordination et l’évaluation du danger réel ou supposé. Ces interdictions à répétition, qui rendent impossibles une organisation efficace du travail, ont donc suscité la colère des organisations professionnelles « Nous nous sommes retrouvés dans des situations parfaitement ubuesques où on nous annonçait des levées d’interdiction de circuler alors que les arrêtés n’étaient pas publiés » assure Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR qui lance une évaluation de perte journalière pour la profession de 60 millions d’euros.

L’organisation professionnelle va faire des démarches en vue d’obtenir des compensations financières par l’Etat car « Les intempéries de 2013 n’ont manifestement pas servi de leçon et laissent les entreprises de transport et leurs conducteurs, immobilisés, sans aucun soutien »  déclare, exaspéré, Jean-Christophe Pic, président de la FNTR qui pointe du doigt absence totale de coordination entre le préfet de police de Paris et préfets de départements limitrophes ayant pour conséquence qu’une levée d’interdiction de circuler se heurte à une interdiction établie dans un département voisin.

De son côté, l’OTRE ne réclame pas d’indemnisations, mais appelle avec insistance que soient tirés les enseignements concrets « pour que ne se reproduise plus une telle cacophonie générale, dont les entreprises du transport routier et leurs conducteurs ont été les principales victimes. Les nombreux stockages préventifs pris, en théorie, pour éviter que les poids lourds ne se rendent dans les zones touchées par l’épisode neigeux ne sont pas acceptables. Le sacro-saint principe de précaution trouve ici ses limites. En aucune manière, il ne justifie un manque de discernement dans les décisions qui ne s’imposaient pas systématiquement. Les conséquences économiques pour les entreprises sont déjà importantes. Plus grave sans doute, il faut ajouter à cela les conséquences humaines dont sont directement victimes les conducteurs, contraints de subir des conditions vie inacceptables. »

 

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