Transporteurs

Transport routier et pression écologiste

chargement gabion copie
Jean-Yves Kerbrat

Jour après jour, le lobby écologiste tisse sa toile. Aujourd’hui, les militants ne sont plus seulement dans des associations, mais aussi dans les plus hautes sphères de la politique du pays, à commencer par l’Assemblée nationale et le Sénat. Raison pour laquelle nous avons vu sortir, le 15 juillet, une enquête dont les médias se sont immédiatement emparés. Elle précise que le coût sanitaire de la pollution atteint la somme astronomique de 100 milliards d’euros par an, alors que les chiffres annoncés jusqu’alors, sur une fourchette large, étaient de l’ordre de 20 à 30 milliards d’euros.

 photo 1 SANEF P1010320

L’enquête du Sénat compile de nombreuses études déjà publiées sur la pollution de l’air. Elle inclut les impacts de la pollution de l’air non seulement sur la santé humaine (décès prématurés, consultations médicales, dépenses en médicaments, arrêts maladie, pertes de productivité au travail…) mais également sur la biodiversité, les rendements agricoles et les bâtiments. Naturellement, la synthèse émet des recommandations à l’attention du gouvernement dont  « l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence pour mettre fin au tout-diesel et sortir par le haut du fiasco de l’écotaxe ».

photo 9eurotoll valence

 

Or, le gouvernement doit prendre prochainement sa décision sur les suites de l’écotaxe poids lourds qui, à l’origine, devait apporter un milliard d’euros aux développement des modes alternatifs au transport routier de marchandises (entre autres). Un rapport présentant plusieurs options sera discuté, le mardi 21 juillet, dans le cadre du conseil national de la transition énergétique (CNTE), avant un arbitrage du gouvernement. Parmi les propositions attendues, création d’une vignette, le maintien ou l’augmentation de la taxe sur le gazole. Mais il semble que personne ne soit satisfait des perspectives à venir.

photo 9 eurotoll tribox011

Première option envisagée : la création d’une vignette pour l’usage des routes nationales non concédées et départementales est, selon les écologistes, « archaïque, encourageant ‘’à rouler plus’’, difficilement applicable en France et nullement proportionnelle aux émissions de CO2, la vignette ne rapporterait que 350 millions d’euros sur la base d’une contribution annuelle de 500€ par véhicule ». La seconde option envisagée serait de maintenir les 4 centimes de taxe sur le gazole entrés en vigueur au 1er janvier 2015 qui rapporte 320 millions euros. Pour Mathieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot « Si cette mesure doit être pérennisée, elle reste très insuffisante. Il est anormal que le transport routier bénéficie encore d’un remboursement de taxe sur le gazole. Il doit être assujetti à la future hausse de la contribution carbone de 2 ct prévue au 1 janvier 2016 »  soit 160 millions d’euros en plus en 2016.  Et de regretter le milliard d’euros perdu de l’écotaxe poids lourds …

Solutrans728x90