Transporteurs

Transport routier, des tensions à venir entre la France et la commission européenne

Jean-Yves Kerbrat
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Voilà bientôt trois mois, le 31 janvier, huit ministres des transport européens se réunissaient à Paris et signaient d’un commun accord « l’Alliance du Routier » et Alain Vidalies se positionnait avec une ferme volonté de ne plus accepter d’espaces de non-droit et de combattre des pratiques anti-concurrentielles qui tirent vers le bas toute une profession. « Il faut en finir avec l’Europe des parkings où des forçats de la route passent leur temps de repos au lien de rentrer chez eux » avait-t-il lancé dénonçant une incapacité de l’Europe de faire respecter des règles pourtant établies. Ses collègues le suivent d’un même pas (Belgique, Danemark, Allemagne, Italie, Luxembourg, Norvège et Suède).

9 ministres volontaires et unis à Paris le 31 janvier

Qu’en est-il aujourd’hui ? Et bien, il semble que Violeta Bulc, commissaire européenne aux transports de nationalité slovène, souhaite simplifier la règle du cabotage en supprimant l’une des principales règles du cabotage qui est la limitation à 3 opérations de transport sur sept jours sur un territoire extérieur à leur pays avant de rentre à la maison. Evidemment, cela va faire des vagues car cette position est inacceptable pour les pays de l’Europe de l’ouest, principalement attaqués par l’invasion des pays à faible coût de main d’œuvre. En particulier la France précise que l’harmonisation de la législation en matière de transport routier ne doit en aucun cas passer en force mais être validé avant mise en œuvre.

Violeta Bulc

Violeta Bulc répond aux questions du quotidien Les Echos daté jeudi 27 avril et déclare entre autre « Nous avons conscience de l’importance des enjeux sociaux. C’est un challenge. Il faut clarifier et adapter les règles. La réforme en cours de la directive sur le travail détaché pose le principe « à travail égal dans un même lieu, salaire égal ». Les routiers sont soumis aux règles sur le détachement et le resteront. Toutefois, les spécificités du secteur justifient que des mesures spécifiques et proportionnées s’y appliquent dans certaines situations, comme c’est le cas pour d’autres professions » et poursuit à la question « comment sera encadré le cabotage à l’avenir ? »  « Il faut en simplifier les règles. Aujourd’hui, il est autorisé pour sept jours avec un maximum de trois livraisons. Je veux supprimer la notion de nombre d’opérations, très difficile à contrôler, pour aller vers un système basé sur le seul temps de cabotage autorisé. Cela permettrait aussi de mieux gérer les flux. Environ un trajet sur cinq est fait à vide. C’est inacceptable pour l’environnement. ». Interview complet à retrouver dans Les Echos.

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