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Transport routier , des idées pour investir dans les routes

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Jean-Yves Kerbrat

Un colloque de l’association parlementaire Avenir Transports s’est tenu à l’assemblée nationale le 25 mai sur le thème « A-t-on les moyens de nos infrastructures de transports terrestres ? ». A cette question, le transport routier de marchandises était loin d’avoir la priorité des débats ouverts sur l’ensemble des moyens, y compris les transports de passagers (rail et route). Toutefois, un certain nombre d’idées intéressantes ont été émises. En particuliers, les élus et spécialistes présents ont pointé du doigt les coûts disproportionnés des constructions de lignes de tramways qui peuvent toujours être remplacées par des lignes de bus en site propre, beaucoup moins chères. Evidemment, ces budgets placés dans les transports publics, laissent peu de place au développement et à l’entretien du réseau routier traditionnel qui dépasse le million de kilomètres. De là à demander un retour de l’écotaxe, il n’y a pas loin. C’est Alain Gest, député de la Somme et co-président d’Avenir Transports qui se pose la question afin de retrouver les 1,13 milliards d’euros évaporés des budgets alloués à l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France).

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L’entretien des voies de chemins de fer à la peine

Concernant le ferroviaire, la France n’investit pas suffisamment dans l’entretien de son réseau. Le chiffre de 2,5 milliards est avancé par Jacques Rapoport, dont c’était la dernière sortie en tant que président de SNCF Réseau, qui rappelle que les allemands dépensent 4 milliards par an pour un réseau en meilleur état. Selon lui, cela interdit le développement de trains de marchandises et du fer-routage. Il précise sa pensée « Les sillons que nous vendons au fret sont mauvais avec des travaux de nuit. Lorsque l’offre est de qualité, les chargeurs viennent. Il faut donc rétablir des sillons de qualité ». Le reste du temps, la vitesse commerciale des trains est réduite sur des voies mal entretenues. Il ajoute « Le sujet du vieillissement du réseau, avec 35 ans sans entretien, est plus grave que l’impasse financière dans laquelle nous nous trouvons. On sait faire des lignes nouvelles, mais pas maintenir le réseau existant ». Le transport public marche jusqu’à présent à coup de subventions et les voyageurs ne paient jamais le tarif du prix réel du service rendu. Est-ce très logique. Et qu’en est-il pour la route ?

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Jacques Rapoport, à gauche, insiste sur les défauts d’entretien

Beaucoup sont ceux qui recherchent des solutions pour maintenir et développer le réseau routier. Ainsi Gabrielle Gauthey, directrice des investissements et du développement local à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) témoigne « Le budget des routes pour le réseau routier non concédé a été une variable d’ajustement pour l’Etat et les collectivités. Cela pose problème. En ce qui concerne les réseaux routiers, il y a actuellement 400 projets qui ne sont pas financés, malgré des pistes de travail à commercer par les partenariats publics privés (PPP) sur 25 à 30 ans. » Certains n’hésitent pas à proposer un système à la mode, le crowdfunding ou financement participatif. Cela permettrait aux utilisateurs d’un réseau local ou national de mettre la main au portefeuille afin d’améliorer leur quotidien et de bénéficier en contrepartie d’avantages fiscaux.

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Gabrielle Gauthey « pourquoi pas essayer le financement participatif »

De son côté, Yves Crozet, professeur d’université (Laboratoire Aménagement Economie Transports à Lyon) annonce que si les investissements dans les transports collectifs ont nettement augmenté, ils ont, dans le même temps, baissé pour la route « Cette période de vaches maigres n’est pas tournée vers l’investissement. En ce qui concerne cette idée de crowdfunding, il existait la vignette, dont personne n’avait demandé la suppression. Il n’y a qu’à la rétablir pour les 40 millions de véhicules recensés en France et cela apporterait au moins 8 milliards à disposition des collectivités pour mettre à niveau le réseau routier ». Mais il est également fâché par l’argent gaspillé « Le Lyon-Turin coûte des milliards prédateurs. Comment en est-on arrivé à une telle dérive ». Si rien n’est réglé, il y a de nombreuses bonnes volontés prêtes à apporter leurs réflexions et idées. Peut-être faudrait-il également écouter les professionnels de la route.

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Yves Crozet, au centre, ou le retour de la vignette

www.avenir-transports.org

www.afitf.net