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Téléphone au volant, le transport routier doit donner l’exemple.

Jean-Yves Kerbrat
Ban_cofisoft


Les conducteurs professionnels, plus que tout autre, devraient s’interdire l’usage du téléphone au volant, autant pour appeler, répondre ou pire, envoyer des SMS qui oblige à quitter le volant des mains et la route des yeux. Le dernier accident, impliquant un camion, qui aurait pu être beaucoup plus dramatique, s’est déroulé jeudi 16 août à 17h30 sur l’autoroute A4 à une trentaine de kilomètres de Reims, aux limites de l’Aisne et de la Marne. Mais qui se souvient de cet autre accident sur cette même autoroute. Le 8 mai 2014, un conducteur n’avait pas eu le temps de freiner en percutant plusieurs voitures à pleine vitesse (90 km/h). Après vérification de la Gendarmerie, ce dernier envoyait un SMS au même moment … et dans la période précédente, il en avait envoyé 29, reçu 19 et passé 5 appels téléphoniques. Le bilan a été tragique avec 2 personnes décédées (un homme de 49 ans et d’une femme de 76 ans) et 6 blessés. Le conducteur de 29 ans, sans casier, était sorti indemne. Mis en examen pour homicide et blessures involontaires, il a été jugé en mai 2017, trois ans de prison ont été requis (dont un avec sursis). Ce sont à chaque fois des vies brisées …

Concernant le dernier accident en date, le conducteur, âgé de 26 ans, français conduisant une semi-remorque céréalière pour une entreprise belge, a percuté un autocar à l’arrêt pour cause d’un pneu crevé. Il a été rapidement prouvé qu’il utilisait son téléphone. Il a été placé en garde à vue puis présenté à un juge d’instruction. Le procureur de la République a ensuite engagé des poursuites pour blessures involontaires, il précise qu’il a « commis une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement » et risque donc sept ans de prison. Dans l’autocar, 28 enfants et 14 adultes de retour d’une journée à Paris. Sept enfants ont été conduits par les secours au centre hospitalier de Reims. Ce type d’accident se produit très régulièrement. Chacun sait que l’utilisation du téléphone fait perdre la concentration du conducteur qu’il conduise une voiture ou un poids-lourd … avec des conséquences bien différentes.

Les chiffres de l’utilisation du téléphone au volant sont éloquents, même si ces statistiques sont fluctuantes avec le temps. Les conducteurs de moins de 35 ans sont davantage concernés par cet usage. Parmi cette dernière catégorie de conducteurs, 61% lisaient leurs SMS en conduisant, et 32% en écrivaient. Or, il est dit qu’écrire un SMS au volant multiplie le risque d’accident par 23. C’est un véritable fléau condamné par la Sécurité routière alors que les conducteurs (de tous pays) ont intégré le téléphone portable comme un outil de communication permanent, partout, tout le temps … Les français détiennent, en 2018, plus 60 000 000 de téléphones et smartphones, en sachant que ces terminaux multifonctions sont en développement exponentiel.

Selon les derniers chiffre entendus après ce nouvel accident dû à l’inattention, 9 personnes sur 10, en voiture, et sûrement en camion, utiliseraient d’une façon ou d’une autre leur téléphone mobile. Ainsi, des sanctions plus lourdes pourraient être prises. Parmi celles-ci, un retrait du permis de conduire du 6 mois. Aujourd’hui, la sanction est de 3 points en moins sur le permis et une amende de 135 euros. Alors que, déjà, les téléphones tenus à la main, les écouteurs, les casques et les kits mains libres sont interdits, certains « ayatollahs » de la sécurité routière font campagne pour, également, interdire les systèmes Bluetooth … Quoiqu’il en soit, les habitudes doivent changer.

Il est évident que les professionnels de la route, que sont les conducteurs routiers, doivent montrer d’exemple. Sans doute est-il aussi indispensable d’organiser une campagne européenne de sensibilisation. Mais aussi de proposer l’équipement systématique des véhicules de solutions vocales de réponse aux appels comme, peut-être, d’enregistrement de textes, sans tenir l’appareil ni quitter la route des yeux. Les technologies existent. Des accidents, comme ceux décrits dans cet article, sont nombreux et dramatiques. Même s’il semble illusoire de les voir disparaitre, des solutions doivent être proposées. Nous suivrons ce dossier avec des avis de professionnels.

 

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