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Prix des carburants, le Président de la République en première ligne …

Emmanuel Macron prend des risques par manque de pédagogie
Jean-Yves Kerbrat
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Tout l’exécutif sent que la colère qui monte autant de la part des citoyens que des entreprises, peut devenir incontrôlable. Jusqu’à quand Emmanuel Macron va maintenir son discours de fermeté … et faire preuve d’autorité face à une population excédée. Le problème dans cette affaire de taxe sur les carburants, c’est qu’il n’y a aucune pédagogie, c’est le bâton, et le bâton, sans aucune compensation. Ce manque de compréhension et de dialogue de la part de l’exécutif rappelle certains épisodes précédents, à l’exemple de la réduction de vitesse à 80 km/h où Edouard Philippe est resté droit dans ses bottes en refusant tout dialogue. Il en reste des traces.

L’OTRE l’a bien dit dans son dernier édito « La colère qui monte … Le gouvernement jouerait-il avec le feu ? S’il voulait exciter la colère des professionnels, il ne s’y prendrait pas autrement… D’autant que la colère atteint aussi le « Monsieur et Madame tout le monde ! ». On le sait, des mouvements dit « citoyens », à la spontanéité plus ou moins suspecte, s’annoncent. On évoque un blocage du pays le 17 novembre, un samedi ». Les organisations professionnelles ne s’associent pas aux manifestations car elles ne savent pas qui en sont les organisateurs … Mais elles pourraient bien prendre le relais en fonction des résultats des discussion en cours. Sur un autre sujet, qui démontre là aussi la manque de dialogue d’un gouvernement qui aime le passage en force, les ambulanciers ont démontrer le pouvoir de nuisance de blocages routiers qui se prolongent, en Ile de France, dans la soirée du 5 novembre.

Manifestation des ambulanciers le 5 novembre, signe précurseur

L’OTRE poursuit « La colère est légitime surtout dans ces circonstances où le prix des carburants et son augmentation obère les libertés de travail des uns et des autres. Mais l’incitation à la violence n’est pas tolérable. Elle a parfois l’effet boomerang de retourner l’opinion publique, qui déteste le désordre, contre le bien-fondé d’une cause… Les agitateurs de tout poil qui veulent en découdre et les grandes gueules devraient parfois y réfléchir à deux fois, autant qu’il leur est possible… Il ne s’agit pas de se tirer une balle dans le pied ! L’OTRE, comme l’ensemble des organisations professionnelles, négocie et manifeste son mécontentement dans les rencontres régulières qu’elle peut avoir avec le gouvernement. Notre organisation ne dit pas, nulle part, qu’elle ne recourra pas à des manifestations plus visibles y compris par des blocages ciblés, organisés et structurés comme elle a su le faire à huit reprises lors des mouvements anti écotaxe. Le gouvernement est prévenu… » Reste que les citoyens automobilistes ne sont pas structurés au sein d’organismes représentatifs. Alors que les Automobiles-clubs, censés les défendre, sont à peu près inaudibles.

Aujourd’hui, c’est le Président de la République en personne qui a dû prendre la parole pour dire qu’il comprenait le mécontentement. Ensuite, il a avancé des solutions surprenantes juste sorties des réflexions de ses conseillers en suggérant aux entreprises d’aider financièrement leurs salariés en compensant l’augmentation du prix des carburants  alors qu’il déclarait dans une interview à la presse régionale « J’assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence ». Dans la même interview, il annonce « J’ai demandé aussi au gouvernement de trouver des solutions pour qu’avec les employeurs, les salariés qui doivent utiliser au quotidien leur voiture puissent être davantage aidés ». Il pense alors à ceux qui ont l’obligation d’utiliser leurs voitures pour travailler ou aller travailler …

Un manque de dialogue et d’explication cristallise les mécontentements

Mais les employeurs subissent eux-mêmes les effets des hausses des carburants et autres taxes, comme le rappelle l’OTRE « La fiscalité écologique et la trajectoire de taxation des carburants fossiles (gazole et essence) prévue par la disposition de l’article de la loi de finances pour 2018, est véritablement punitive ! Qu’on en juge : d’ici à 2022, la manne financière perçue par l’État au titre de la seule augmentation de la TICPE et de la « Taxe carbone » représentera un gain de plus de 34 milliards d’euros représentant notamment une augmentation de plus de 24 centimes d’euros par litre de gazole en 2022.  L’OTRE s’est indignée de cette augmentation pénalisante pour toutes les entreprises du transport de personnes et de marchandises. Les défenseurs de cette taxation écologiques entonnent le refrain de la transition énergétique, serine le couplet du remboursement partiel de TICPE répétant à satiété l’antienne de la surcharge gazole… C’est oublié vite, très vite, que le remboursement partiel de la TICPE (menacé dans le cadre de la LOM) ne concerne que les entreprises de poids lourds de plus de 7.5 tonnes et les autocars. Tous les autres professionnels de la route, chefs d’entreprise du transport léger ou du transport sanitaire ne sont nullement concernés. Ainsi, de plein fouet ils vont subir cette augmentation sans pouvoir la répercuter ou difficilement. »

Dans tous les cas, les entreprises s’opposent aux idées du Président, comme Patrick Martin, le vice-président du Medef cité par Le Parisien « Les entreprises aussi subissent la hausse de la fiscalité sur les carburants, Si l’on doit comprendre de la petite phrase d’Emmanuel Macron que l’Etat leur demandera aussi de prendre en charge les surcoûts pour leurs salariés, c’est la double peine ». L’Etat cherche de l’argent par tous les moyens, mais doit cesser d’augmenter les charges sur le dos des citoyens et des entreprises.

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