Vie des entreprises

Plan Climat, et le transport routier dans tout ça !

Jean-Yves Kerbrat

Durant une heure, le jeudi 6 juillet, Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a présenté le Plan Climat. Pour y avoir assisté aux premières loges, je dois reconnaitre que l’homme, et ses propos choisis, ne laissent pas indifférent. Dès l’introduction, le photo-journaliste ex-présentateur d’Ushuaïa Nature, vulgarisateur de l’écologie durant plus d’une décennie, sait rassurer. D’emblée, il dit regarder loin et que les choses ne se feront pas en un jour. Cette transition, pour irréversible qu’elle soit, ne doit ni être injuste, ni provoquer une précarité supplémentaire. Pour cela, il demande de la patience aux associations environnementales, précisant bien que le plan tel que présenté sera discuté et pourrait tout à fait évoluer. D’autre part, le ministre d’Etat, numéro deux du gouvernement juste après le premier ministre, annonce que les citoyens seront associés à la réflexion par la constitution de panels de membres issus de la société civile.

Les 6 grands thèmes et 23 axes détaillés durant une heure plantent un décor et visent la « neutralité carbone à l’horizon 2050 ». Pour cela, il faut :

  • Rendre irréversible l’Accord de Paris
  • Améliorer le quotidien des français
  • En finir avec les énergies fossiles et s’engager dans la neutralité carbone
  • La France n°1 de l’économie verte avec l’Accord de Paris
  • Encourager le potentiel des écosystèmes et de l’agriculture
  • Intensifier la mobilisation internationale sur la diplomatie climatique

Mais Nicolas Hulot l’a dit à plusieurs reprises : « Pour arriver à cet objectif, il ne faut pas brutaliser, il faut de l’accompagnement et de la co-construction. » Mais la première mise en œuvre se fera dès la rentrée avec la loi de finance 2018. Les premières mesures incitatives devraient concerner les ménages (automobile, logement). En ce qui concerne les entreprises, c’est beaucoup plus flou. Prenant à témoin Elisabeth Borne, ministre chargée des transports, il a précisé qu’il fallait améliorer la mobilité des citoyens par une meilleure qualité du réseau, ce qui nécessité aussi d’entretenir le réseau routier (et pas seulement ferroviaire). Concernant les marchandises, son souhait est de voir le chemin de fer remplacer les camions.

Toutefois, à la question d’un journaliste qui lui rappelait très à propos que tous ses prédécesseurs avaient eu le même souhait sans succès, il a convenu qu’il faut « cesser de promettre des engagements que nous ne saurions tenir. Concernant les coûts, la responsabilité économique de l’Etat est engagée. Nous devrons prioriser et mettre enfin les moyens sur le transport modale. J’espère que nous y arriverons. Nous devons bâtir une stratégie. Comme tous les dossiers, on ne cède à aucune inertie. On va faire des mécontents, mais je le souhaite, beaucoup plus de satisfaits ». Il faut reconnaitre une réponse un peu floue, mais qui semble ouvrir une volonté de dialogue.

Sur l’ensemble des annonces faites ce jour-là ce sera à peu près tout pour le transport routier. Par contre, les radios ont passé en boucle l’information d’un arrêt de production des voitures fonctionnant à l’énergie fossile qui « appartiennent aux 19e et 20e siècles » d’ici à 2040. A cette annonce, les constructeurs n’ont absolument pas réagi, ce qui est étonnant. On a même pu lire qu’ils n’étaient pas surpris et seraient prêts. Reste les autres véhicules, poids lourds en tête, mais aussi les avions ou les bateaux de commerce, ces derniers étant de très gros pollueurs. Silence donc, mais comme précisé en préambule, Nicolas Hulot et les ministres qui l’accompagnent, prennent le temps de la concertation « sans brutalité ».

Sinon, des aides seront prévues pour les particuliers pour le remplacement d’une voiture ancienne diesel (d’avant 1997) ou essence (d’avant 2001) par des véhicules moins polluants neufs ou d’occasions. Et de conclure : « Ce Plan climat appartient à tous les Français. Nous les associerons à son suivi et nous leur permettrons de participer au premier budget participatif sur le climat, et ainsi de donner leur avis sur les politiques que nous engagerons. Il trouvera sa prolongation dans le grand plan d’investissement annoncé par Emmanuel Macron, dont la transition écologique sera une priorité. » Les entreprises sont donc concernées par cette dynamiques et le gouvernement devra en tenir compte.

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