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Pénurie de conducteurs, L’OTRE inquiète

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat
Dans un communiqué daté du 11 avril, Philippe Bonneau, Secrétaire général de l’OTRE Normandie lance un cri d’alerte. Et pour cause, le 27 mars dernier, l’IRU (International Road Transport Union) après avoir enquêté auprès des acteurs européens du transport sur la pénurie de conducteurs, dresse un constat alarmant. Avec un poste sur cinq non pourvu,  le transport routier de marchandises connait la plus grande pénurie de main d’oeuvre depuis plus de dix ans. 

L’IRU a interrogé plusieurs organisations de transporteurs, dont l’OTRE. Les résultats ont révélé un manque de main d’œuvre de 21 % dans le transport routier de marchandises (TRM) et de 19 % dans le secteur des bus et cars. Les prévisions et perspectives ne sont pas bonnes car ce manque devrait continuer à s’accentuer et pourrait atteindre les 40 % dans les années à venir.

Images et horaires en cause

Les raisons de ce désamour sont multiples : 57 % des conducteurs et 63 % des conductrices mettent en cause  les stéréotypes et les clichés négatifs du métier. En deuxième on retrouve les horaires contraignants. En troisième, le fait est que le TRM a du mal à attirer les jeunes. En Europe, la moyenne d’âge des conducteurs est de 44 ans.

« La filière du transport doit agir rapidement (…). Si le problème n’est pas maîtrisé, il aura de sérieuses répercussions sur l’économie européenne et mènera à des coûts croissants pour les entreprises, les consommateurs et les passagers », prévient Boris Blanche, directeur général de l’IRU. « Les opportunités ne manquent pas dans ce métier. En fait, notre recherche a révélé que la satisfaction au travail avait tendance à être élevée, avec seulement 20 % des conducteurs interrogés exprimant leur insatisfaction à l’égard de leur travail », poursuit-il.

Des mesures concrètes

Pour pallier à ce que l’on pourrait appeler une catastrophe annoncée, l’IRU a proposé la mise en place d’un plan d’action comportant différents types de mesures : améliorer l’image de la filière, améliorer les conditions de travail et attirer une main-d’œuvre jeune et féminisée grâce notamment à la création d’un réseau de femmes travaillant dans le secteur avec pour objectif d’augmenter leur nombre et leurs fonctions.

« À suivre… mais à la source, il est urgent de revaloriser l’image d’une profession qui a été souvent très injustement abîmée et donc peu attractive », conclut Philippe Bonneau.

 

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