Vie des entreprises

OTRE la profession du transport routier très vigilante

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Jean-Yves Kerbrat

Lors de la réunion de début de l’année du bureau national et d’une cérémonie de vœux très revendicative, Aline Mesples, présidente de l’Organisation des transporteurs routiers européens depuis trois ans, a passé un message fort qui va très au-delà du microcosme du transport routier. Rappelant que la profession est en crise depuis 8 ans, Aline Mesples s’inquiète de la concurrence déloyale venant d’autres pays européens et de la faiblesse des moyens mis en œuvre par l’état et par la commission européenne pour effectuer des contrôles efficaces malgré les promesses entendues depuis quelques mois. « Dans les Pyrénées Atlantiques, il y a 51 agents affectés aux contrôles des poids lourds. Nous les connaissons bien et ils font leur travail. Mais le nombre de contrôles effectués en une année représente à peine une journée de passage de la frontière entre la France et L’Espagne. Il faut resserrer le maillage » s’inquiète la présidente qui suggère de mettre en service les nombreux portiques de l’Ecotaxe bardés de systèmes électroniques très couteux pour suivre les camions qui traversent la France. Même problème pour les utilitaires légers qui effectuent du transport longue distance et même du cabotage sur le territoire français en toute impunité. Elle demande un contrôle strict de la marchandise transportée en fonction de la lettre de voiture présentée par le conducteur. Par contre, l’écotaxe régionale, que souhaite pousser certaines régions, n’est assurément pas une bonne idée.

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Les villes n’aiment pas les camions

L’autre inquiétude de l’OTRE est l’accueil des villes pour les camions devant effectuer des livraisons. En effet, il n’y a pas que Paris qui annonce des restrictions. « Des villes beaucoup plus petites, comme Bayonne, que je connais bien, souhaitent interdire l’accès aux véhicules diesel. C’est d’autant plus incompréhensible que les constructeurs ont mis au point des motorisations Euro6 beaucoup moins polluantes et de leurs côtés les transporteurs investissent ». Aline Mesples revient également sur les maigres budgets dédiés aux infrastructures routières et se demande « Entre des autoroutes très chères et un réseau non concédé qui se dégrade et qui est peu adapté aux poids lourds, nous laisse-t-on le choix? Il est important d’entretenir le réseau routier ». Les élus ont visiblement des difficultés à admettre l’intérêt économique majeur du transport routier. L’autre dossier chaud, rejoint la concurrence déloyale, mais elle est cette fois intérieure. Il s’agit de ces auto-entrepreneurs qui se mettent au service d’entreprises de transport comme conducteurs « On sait le faire, on peut le faire, mais ce n’est pas dans l’intérêt de la profession. On ne peut pas libéraliser à tous crins » assure Aline Mesples qui n’en a pas fini avec le volet social et rappelle que les nouvelles idées pour développer l’apprentissage ne sont pas adaptées au métier de conducteur routier et que la profession a toujours formé son personnel. Le tout est de rendre ce métier plus attrayant pour des personnes qui peuvent accéder à des métiers de catégorie 1 et se former en entreprise.

Lane keeping assistance. Södertälje, Sweden Photo: Dan Boman 2013

Il faut rendre la profession plus attrayante

D’autres dossiers sont sur le bureau du conseil d’administration. C’est le cas du congé de fin d’activité et du compte pénibilité. Il y a des différences à prendre en compte entre les différents métiers. Enfin, répondant à une question sur l’amende pour entente de certains groupes de transport, la présidente a déclaré « L’inquiétude vient de prix négociés anormalement bas. Nous avons constaté aussi que certains sous-traitants de ces entreprises se sont vus demandés des baisses de leurs prix afin de payer l’amende. C’est évidemment inadmissible » et de conclure en souhaitant meilleure santé pour le secteur du transport routier en cette année 2016.