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Moto-Camion, une rencontre entre la piste et la route

Louis Rossi, assis sur la moto, aux côtés de Martial Mélo. Ils sont entourés des élèves mécaniciens.
Jean-Yves Kerbrat

Les 24 heures motos se sont déroulées les 20 et 21 avril sur le circuit du Mans … mais quel est le rapport avec les poids-lourds ? Une rencontre entre un champion et un conducteur routier, maintenant au service d’une écurie de renom, laisse apparaitre, entre passion et précision, de nombreuses similitudes. La rencontre était au cœur du Junior Team Le Mans Sud Suzuki. Là aussi, l’histoire est belle. Découvrez-la à la fin de cet article. Louis Rossi est un champion de moto de 29 ans, originaire du Mans, il a une belle expérience, 8 années comme pilote en Grand Prix. Il a orienté sa carrière vers le championnat du Monde d’endurance.

Louis Rossi en face de Martial Mélo, expériences croisées. 

De son côté, Martial Mélo, 63 ans, a fait la route durant 30 ans « Je roulais en national et un peu en international, essentiellement en matières dangereuses ». Il a travaillé chez Sotrapid au Mans, une entreprise de 380 salariés « Nous étions 18 à mon arrivée » se souvient Martial qui a su évoluer en devenant, à partir de l’an 2000 et jusqu’à son départ à la retraite, formateur en participant aussi au recrutement des conducteurs … tout en passant ses loisirs (depuis 1986) à aider un team de compétition moto « La moto était ma passion. J’ai pu l’associer, d’une certaine façon, à mon métier de conducteur routier ».

Centre névralgique, l’atelier Dunlop, la course à l’efficacité …  

Revenons dans l’entreprise, l’entregent et le professionnalisme de Martial lui permet d’installer une méthode de recrutement bien à lui, qui est appréciée, mais son patron s’étonne « Pourquoi proposes-tu une majorité de conducteurs qui sont également motards ? ». Il lui répondit alors qu’il s’agit de personnes qui sont, en général, prudents avec eux-mêmes et précis dans leur conduite. « Les motocyclistes connaissent les dangers de la route mieux que quiconque, très attentifs à l’environnement et aux autres usagers ». La sécurité faisant aussi partie de ses prérogatives. Il prête encore aujourd’hui une attention particulière aux pneumatiques. Un camion repose sur davantage de pneus, mais avec l’expérience, il se rend compte, en tenant le volant, des évolutions des bandes de roulement et il sait aussi, au premier coup d’œil, apprécier toute usure et tout incident. Il ajoute « Je sais que les pneus sont notre lien avec la route. En fonction des saisons et du type de route, il faut prêter une attention particulière » … un peu comme en compétition, finalement !

Pour conserver leurs qualités optimales, les pneus sont stockés dans des remorques réfrigérées. 

De son côté, Louis Rossi a non seulement une longue expérience de pilote, mais il passe aussi du temps à animer des cours de pilotage et il commente les grands-prix moto sur Canal+. Son implication est donc totale si l’on ajoute l’aspect technique qu’il maitrise à la perfection. Sur une moto de compétition, les réglages comptent autant que le talent du pilote à maitriser sa motos et les virages. Alors, nous avons parlé pneus. « Le pilote ne choisit pas la marque des pneus qui équipent sa moto, nous nous y adaptons » prévient Louis.

Damien Saulnier, patron du team, face à Viviana Esposito et Francis Audefroy, Goodyear-Dunlop

Evidemment, le sujet des pneumatiques est d’autant plus sensible que le lien de la moto avec le sol est bien cette fine bande de caoutchouc gonflée à l’air. « J’utilise des pneus Dunlop, c’est le choix de mon écurie. Je dois reconnaitre que j’ai pleinement confiance » assure le champion qui valide avant chaque départ, en compagnie de toute l’équipe, la qualité de gomme et de dessins en fonction (entre autres) de la météo. Dunlop, le manufacturier qui équipe 38 équipes en course sur 65 stocke 4000 pneus avant la course. En permanence, les mécaniciens apportent des roues qui sont montées par une équipe d’une vingtaine de spécialistes qui se relaient avant, pendant et après la course … un sacré boulot !

Pour les équipes de compétition, les poids-lourds sont des partenaires indispensables

Pendant que les pilotes tournent et tournent encore, Martial Mélo, le routier, prépare déjà la prochaine étape « Le 11 mai, l’équipe toute entière sera en Slovaquie pour une prochaine manche du championnat, ensuite, ce sera l’Allemagne en juin. Cela veut dire un départ de France une semaine avant pour respecter les interdictions de rouler les week-ends en Allemagne et en Autriche. C’est très contraignant, car les membres du team sont, pour la plupart, bénévoles et cela les oblige à prendre des congés. » Quoiqu’il en soit, Martial sera au volant de la semi-remorque du Junior Team Le Mans Sud en compagnie d’un second conducteur.  

Les élèves du lycée Le Mans Sud participent pleinement aux succès du Junior Team 

L’équipe de compétition est animée par Damien Saulnier qui est professeur de mécanique spécialisée moto. Il est détaché depuis plusieurs années pour une mission exaltante. Il travaille pour un gros lycée (lycée polyvalent Le Mans Sud) de 2000 élèves et 170 professeurs. Depuis 22 ans, dix lycéens partent, chaque année, pour l’aventure et baignent dans l’ambiance d’une écurie de compétition « Là où il y a de la passion, il y a de la réussite professionnelle » s’enthousiasme le professeur-team manager qui est passé, lui-même, par différentes disciplines de compétition moto, motocross, enduro, super motard pour terminer par la piste. Lors de l’édition 2019 des 24 heures du Mans motos, l’équipage  du Junior Team Le Mans Sud, Rossi-Clere-Masbou a placé la Suzuki GSX-R-1000 n°72 à la 13ème place du classement général. Jolie performance …

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