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L’Europe renforce les règles environnementales, le consommateur sera-t-il le juge de paix !

Oui ! les consommateurs aiment l'automobile ... La preuve ? l'affluence au salon de l'auto en 2018 à Paris
Jean-Yves Kerbrat
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Les ministres européens de l’environnement ont passé une partie de la nuit du 9 au 10 octobre à se mettre d’accord sur les règles environnementales à venir … Résultat, pour les voitures et les utilitaires de moins de 3,5 tonnes neufs, les émissions de CO2 devront être réduites de 35% entre 2020 et 2030 au plus tard. Cet accord ayant été trouvé, les négociations vont pouvoir débuter rapidement avec le Parlement européen afin d’aboutir au vote d’une législation contraignante.

Les mesures contraignantes pour les industriels ne sont pas terminées

La baisse adoptée par les ministres est donc proche de la proposition autrichienne. Elle est plus ambitieuse que celle suggérée par la Commission européenne fin 2017 (-30% d’émissions moyennes de CO2 en 2030), mais elle reste en deçà de celle de 40% défendue par le Parlement européen. Ce sont les allemands, aidés par « le groupe de Visegrad » (Hongrie, Pologne, Slovaquie, République tchèque), qui ont mis tout leur poids (et celui de leur industrie automobile) pour réduire l’hypothèse des 40%. Finalement, on a du mal à savoir s’il y a des gagnants et des perdants tant les contraintes technologiques à venir sont difficiles à appréhender.

Hervé Rollet, directeur véhicules utilitaires chez Ford, réagit à chaud aux annonces européennes

Les constructeurs sont dans l’expectative … Ainsi, Hervé Rollet, directeur véhicules utilitaires chez Ford France pense d’abord à ses clients. « Naturellement, il y a une équation économique qui rejoint les solutions techniques disponibles. Mais au bout du compte, ce sont nos clients qui vont choisir. Ils devront savoir évaluer les évolutions technologiques en fonction de l’usage. Mais il faut que nos clients comprennent que tout développement a un coût. » Ford, qui est le plus européen des constructeurs américains avec son usine à Cologne, propose déjà des motorisations essence Ecoboost performantes avec une réduction des émissions de CO2, jusqu’à atteindre 99 g/km, une faible consommation et des performances préservées (140 ch. avec un moteur de 1.0 l). Le constructeur a également présenté au dernier salon IAA à Hanovre une version hybride du Custom. Ford va développer l’hybride, l’électrique mais sans oublier les moteurs traditionnels dans des versions évoluées.

« Nous vivons une mutation exceptionnelle poussée par les obligations environnementales » estime Hervé Rollet qui appelle au discernement comme à la prudence « Nous sommes tous concernés, politiques, constructeurs et utilisateurs. Nous devons faire évoluer nos offres en tenant compte des contraintes économiques autant que technologiques. Sinon, on pourrait craindre un rejet de la part des acheteurs. Au final, c’est le consommateur qui est le juge de paix et se déterminera aussi en fonction de ses envies comme de ses moyens. »

En matière de réductions des émissions polluantes, certains constructeurs parmi les plus importants portent des dogmes technologiques qui ne leur permettent pas d’explorer d’autres solutions. C’est le cas de Renault avec la propulsion électrique, Toyota avec les hybrides mais aussi Iveco avec le gaz. Or, il se pourrait bien que l’évolution des mentalités chez les consommateurs fasse prendre, à un moment donné, d’autres voies moins couteuses mais tout aussi pertinentes … sans revenir à la voiture à cheval !

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