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L’État s’intéresse enfin au réseau routier

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Jean-Yves Kerbrat

Le transport routier se plaint, mais l’état semble enfin se rendre compte de l’urgence de la situation. Alors que la France est l’un des pays les mieux dotés au monde en infrastructure routière (1 millions de kilomètres), l’état prend conscience de la situation catastrophique du réseau routier français. Depuis de nombreuses années, les budgets d’entretien ont été réduits à la fois par l’état et les collectivités. En plus d’un manque à gagner pour les entreprises de travaux publics, cette dégradation devient très dangereuse avec des nids de poule qui se sont transformées avec le temps en nids d’autruche.

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Yves Krattinger a de nombreux contacts avec le monde économique

La création d’un observatoire des routes est donc un premier pas. Assurant 88% des déplacements de personnes et 88% des transports de marchandises, des routes en bon état sont un puissant atout pour la compétitivité du pays et de ses entreprises. Afin d’évaluer l’efficacité des politiques techniques, et d’autre part, de faire le point sur l’état du réseau routier, l’Observatoire national de la route va assurer la mise en place d’un partenariat entre les gestionnaires routiers, l’état, les collectivités et la profession routière. C’est l’IDRRIL (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité) présidé par Yves Krattinger, président du Conseil Départemental de la Haute Saône, qui a été choisi pour assurer la coordination. Il est accompagné par l’Etat, l’ADF, l’AdCF, l’USIRF et le STRRES avec le concours du CEREMA et de l’IFSTTAR (voir la signification de ces acronymes en bas de l’article).

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Les travaux routiers impliquent de nombreuses entreprises

A l’occasion du lancement de l’Observatoire national de la route, Alain Vidalies, Secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, a annoncé l’ouverture d’un portail afin d’informer en toute transparence les décideurs et les citoyens sur l’état du patrimoine, l’activité du réseau, et l’utilisation de l’argent public « Avec l’ouverture des données sur le réseau national, la route prendra ainsi toute sa part dans la révolution numérique. Cette démarche de transparence s’inscrit dans la dynamique du lancement de l’observatoire national de la route, qui par le partage de connaissances entre tous les acteurs, vise à améliorer l’entretien du réseau routier » a déclaré Alain Vidalies.

2 dates à retenir :

– Au 1er septembre 2016 seront publiées la plupart des données statistiques : consistance du réseau, état du patrimoine, activité des gestionnaires et dépenses d’entretien.

– Au 1er septembre 2017 seront intégrées les vitesses maximales autorisées et les données de trafic en temps réel : accidents, travaux, fermetures de voies, volume de trafic, vitesse, longueurs de bouchons.

Ces données, mises à disposition gratuitement et réutilisables, permettront au secteur numérique de proposer des services innovants à l’usager.

Les acronymes des organismes participants

ADF  Assemblée des départements de France au titre des compétences des départements ;

AdCF Association des communautés de France au titre des différentes formes de groupements de communes

USIRF Union des syndicats de l’industrie routière française  au titre de l’industrie routière

STRRES  Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et de renforcement des structures  au titre de l’industrie des ouvrages d’art.

CEREMA Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement en tant qu’organisme technique et scientifique de l’Etat, dans sa vocation à éclairer la communauté technique routière et en charge des mobilités

IFSTTAR  Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux en tant qu’organisme technique et scientifique de l’Etat, dans sa vocation à éclairer la communauté technique routière.