Transporteurs

Les logisticiens plongent dans le numérique

Catherine Bernard

 Les nouveaux outils informatiques, et notamment les API, permettent aux logisticiens d’enrichir leur offre. Sofrilog et FM Logistic témoignent.

« Dans le festin du numérique, nous tenons à être autour de la table, et pas dans l’assiette ! » Jean-Eudes Tesson, PDG du groupe Tesson, actionnaire de Sofrilog,  numéro deux de la logistique du grand froid , est formel : « le drop-shipping, -qui permet à un distributeur de proposer un large catalogue de produits sans pour autant avoir de stocks, le fournisseur se chargeant lui-même de la livraison au client final- est en plein essor. Il va provoquer une convergence entre les métiers de grossiste et de logisticien. Avec la suppression annoncée de plusieurs maillons traditionnels de la supply-chain, les logisticiens ont de vraies opportunités, ils ne doivent pas passer à côté !  ».

Jean-Eudes Tesson ©Groupe Tesson

La solution : le numérique.  Les outils informatiques ne sont certes pas nouveaux dans le métier.  Ils permettent de gérer l’entreposage d’un côté, la livraison de l’autre. Ces dernières années, des interfaces (API) ont été développées, pour mieux les faire dialoguer.

Mais la tendance est désormais à l’ouverture de ces systèmes d’information. Et ce, grâce à ces fameuses API. Ces « Application Programming Interface », ou interfaces de programmation, sont des programmes qui donnent accès à tout tiers autorisé à une bibliothèque de fonctionnalités informatiques.  Très répandues dans le grand public – ce sont des API qui permettent, par exemple, de mettre des cartes interactives sur un site internet, ou encore d’orienter le consommateur vers le paiement sécurisé via une carte bancaire ou un autre système de règlement- , les API envahissent désormais le secteur du transport routier.

Suivre les livraisons en temps réel

Sofrilog a ainsi mis à disposition de quelques grands comptes des API qui permettent à ces derniers de suivre en temps réel leur commande : où se trouve le colis, a-t-il été livré, etc. En cas de produit écrasé, ils ont même accès à la photo prise par le chauffeur. Ce service devrait bientôt être généralisé. « Cela nous permet de franchir une étape supplémentaire dans le partenariat avec nos clients », explique Sébastien Bossard, directeur commercial du réseau. Sofrilog va également développer des API pour les fournir à Innlog, une autre société du groupe Tesson spécialiste, justement, du dropshipping.  Cela permettra de développer le dropshipping dans le domaine du froid, encore peu représenté.

Surveiller la température des colis dans le camion

C’est aussi dans ce domaine que travaille FM Logistic. Lui aussi met, depuis 2015, à disposition de ses clients fournisseurs ou distributeurs des outils informatiques leur permettant de suivre l’état de la commande de leur propre client en temps réel. « Cette fonctionnalité est surtout utilisée par nos partenaires dans le e-commerce », explique Frédéric Schmitt, architecte des échanges. Mais l’actualité est désormais aux objets connectés : « dans certains camions, des objets connectés permettent de suivre la courbe de température en temps réel », poursuit l’informaticien. Et cette information est accessible directement pour le client.

Le transport de produits pharmaceutiques se fait souvent à température contrôlée

Ces capteurs et ces sondes devraient bientôt se généraliser, tant dans les camions propres de FM Logistic que chez ses prestataires. Une façon de gagner, encore, en crédibilité !