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Le transport routier de marchandises a de beaux jours devant lui selon l’OCDE

Jean-Yves Kerbrat

Les perspectives des transports du FIT (Forum International des Transports) dressent un panorama des évolutions récentes et des perspectives à court terme du secteur des transports à l’échelle mondiale. Les experts de l’OCDE complètent chaque année leurs études avec des projections à long terme, jusqu’en 2050. La demande en transport de marchandises – tous types d’acheminements – et de passagers, également par tous les modes, et les émissions de CO2 correspondantes sont étudiés selon différents scénarios d’action des pouvoirs publics.

La dernière étude vient d’être présentée … et selon toute attente, les émissions de CO2 pourraient augmenter de 60% d’ici à 2050, malgré les progrès technologiques importants sur lesquels s’appuient le scénario de référence des Perspectives des transports. En l’absence de nouvelles mesures, les émissions de CO2 liées au transport mondial de marchandises pourraient croître de 160%. En effet le scénario de référence prévoit un triplement des volumes de fret, s’appuyant sur les projections de l’OCDE quant aux échanges commerciaux. Concernant les transports terrestres, c’est toujours la route qui est toujours préférée.

Au centre, José Viegas, secrétaire général du FIT

Ici, nous ne parlons pas des pays développés, en effet, la vision est planétaire. Les régions en fort développement dépourvues de liaisons ferroviaires, comme en Asie du Sud-Est sont concernées. Selon l’étude, l’optimisation des itinéraires ou le partage des camions et des entrepôts entre différentes entreprises permettraient d’accroitre les coefficients de chargement et de limiter les déplacements à vide. Cette organisation, par mutualisation, permettrait, selon les experts, une diminution d’un tiers des émissions de CO2 imputables aux camions.

D’autre part, la mobilité motorisée dans les villes devrait doubler entre 2015 et 2050 (35 ans). Le scénario de référence table sur des hausses de 41% d’ici à 2030 et de 94% à l’horizon 2050. Il s’agit là aussi des régions en développement car dans les villes des pays « riches » mettent en place des mesures coercitives pour limiter l’accès aux centres-villes et tentent de privilégier les transports collectifs.

Vincent Benezech, spécialiste des questions de transport

Bien sûr, les innovations technologiques, de l’électromobilité aux véhicules autonomes, en passant par les nouvelles solutions de mobilité partagée, devraient révolutionner le futur de la mobilité. Les camions autonomes seront aussi des vecteurs de réduction des émissions « Cela pourrait conférer au fret routier un avantage concurrentiel considérable par rapport aux autres modes de transport » assure Vincent Benezech, analyste transport du FIT qui explique que ces évolutions doivent être prises en compte lors de l’élaboration des politiques et de la planification des transports, afin d’éviter de construire des infrastructures onéreuses vouées à devenir rapidement obsolètes, ou de s’enferrer dans des solutions à forte intensité de carbone ou inéquitables. En un mot, il faut fluidifier le trafic par tous les moyens.

L’OCDE a été créée en 1960 lorsque 18 pays européens, les États-Unis et le Canada ont uni leurs forces pour fonder une organisation vouée au développement économique. Aujourd’hui, l’organisation, dont le siège est à Paris, compte 35 pays membres à travers le monde. En font partie beaucoup des pays les plus avancés, mais aussi des pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie.