Transporteurs

Le transport routier de marchandise roumain se porte bien, mais à quel prix ?

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat

Pour mieux comprendre la place du pavillon roumain dans le paysage européen, le CNR a réalisé pour la première fois en 2016 une étude sur le TRM roumain et a pour l’occasion rencontré en Roumanie une dizaine de représentants d’entreprises et, indépendamment, une vingtaine de conducteurs.

Beaucoup de grands groupes du TRM occidentaux ont choisi la Roumanie comme base pour leur activité internationale ce qui explique que Le TRM roumain croît rapidement grâce à ces investissements étrangers. Les principaux marchés du pavillon roumain sont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni tant au niveau des chargements que des déchargements.

La disponibilité des conducteurs pour des longues tournées et les coûts kilométriques bas sont ses points forts. Optimisation maximale! 180 000 km est un kilométrage moyen fréquent par véhicule… De plus, étant donné qu’il est de plus en plus difficile de recruter du personnel qualifié, les entreprises ont recours à des conducteurs étrangers souvent d’origine ukrainienne, moldave ou même kazakhe. Les transporteurs semblent peu regardants sur la formation des conducteurs. Toujours plus d’économie pour toujours moins de sécurité…

Le salaire net d’un conducteur atteint facilement 1 350 euros, soit plus du double du salaire moyen roumain. Les fiches de paie officielles ne mentionnent aucune prime kilométrique mais comprennent des indemnités de déplacement de 35 €/jour pour 30 jours par mois. Malgré l’augmentation récente, et conséquente, du salaire minimum, les indemnités de déplacement, ni soumises aux cotisations ni à l’impôt sur le revenu, représentent toujours le double du salaire de base déclaré.

Le coût du carburant est maîtrisé grâce à des approvisionnements effectués dans les pays ayant un prix du gazole attractif. Pour le reste, les coûts du véhicule, à savoir les pneumatiques, l’entretien-réparations, la taxe à l’essieu ou encore les péages sont dans la moyenne européenne. Le coût kilométrique des véhicules roumains reste toutefois particulièrement compétitif en raison du kilométrage très élevé et de la composante main d’oeuvre.

Selon les calculs du CNR le coût kilométrique (hors coût de structure) en Roumanie est 40 % en dessous de son niveau français. Ceci concorde avec les déclarations des professionnels qui disent avoir un coût de revient kilométrique total dans la fourchette de 75 à 90 centimes d’euro selon la destination et la saison.

Le TMR roumain continue son ascension dans le classement européen du TRM international passant de la 14ème position en 2010 à la 8ème position en 2015.

Cette étude a été menée en partenariat avec le cabinet d’études Moreus, expert en TRM dans les pays de l’Est de l’Europe. Elle est consultable sur le site internet du CNR : www.cnr.fr

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