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Le bruit du transport routier coûte environ 20,6 milliards d’euros par an en France

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Alain Nort
Ecrit par Alain Nort

Une étude chiffre, pour la première fois, le coût social induit par le bruit. Résultat : les nuisances sonores coûtent 57 milliards d’euros par an, dont environ 20,6 milliards pour les transports, dont la moitié pour le transport routier utilitaire.

Le transport, notamment routier : telle est la principale source de nuisance sonore en France. Pour la première fois en effet, le conseil national du bruit, présidé par le député de Seine Maritime Christophe Bouillon (PS), a demandé au cabinet EY (anciennement Ernst & Young) une étude visant à quantifier le coût social du bruit. Car le bruit n’est pas une gêne passagère et anodine. Il provoque des effets à long terme sur la santé: surdité, troubles du sommeil, maladies cardio-vasculaires, troubles de la concentration et de l’apprentissage, etc.., mais aussi sur la productivité professionnelle, ou sur le prix de l’immobilier.

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A partir des cartes de bruit réalisées dans l’hexagone d’une part, et d’études de l’OMS (organisation mondiale de la santé) menées dans différents pays du monde, des coûts sociaux ont pu être associés aux différentes nuisances sonores : bruit des transport, bruits professionnels, bruits de voisinage.

A eux seuls, les bruits des transports génèrent 20,6 milliards d’euros de coûts sociaux, dont 89% sont imputables au transport routier. « Le transport utilitaire représente environ la moitié de coût », estime l’auteur de l’étude : car si le transport de marchandises ne représente qu’une vingtaine de pourcents du trafic routier, son impact acoustique est six à sept fois supérieur à celui des véhicules particuliers. Sur les axes où la vitesse est élevée, prédominent les bruits de roulage (pneus, revêtement). En centre-ville où la vitesse est réduite, le moteur est le plus bruyant.

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Quels sont les coûts sociaux du transport ?  Plus de la moitié (11,5 milliards) concernent l’impact sanitaire :  troubles du sommeil, gênes diverses, maladies cardio-vasculaires provoquées par l’exposition au bruit. Le coût de cet impact est chiffré à partir de la diminution du nombre d’années de vie en bonne santé. Les coûts de médication et d’hospitalisation ne sont donc pas pris en compte. Non plus, par exemple, que le coût des séjours hospitaliers prolongés en cas d’exposition au bruit : l’on sait que le bruit en stressant l’organisme, retarde par exemple la cicatrisation.

2 milliards d’euros de coûts proviennent de la baisse de productivité professionnelle engendrée par le trafic routier : la concentration moindre , le sommeil dégradé, réduisent les performances au travail et augmentent les difficultés d’apprentissage des enfants.

Enfin, la baisse de valeur des biens immobiliers exposés au bruit est évaluée à 7 milliards d’euros annuels.

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Quels effets produiront ce premier chiffrage qui, reconnaissent ses auteurs, n’est qu’approximatif ? L’espoir est bien que le coût des actions de lutte contre le bruit (revêtement de chaussée anti-bruit, travaux de couverture de certains axes routiers, murs anti-bruits, aides à l’achat de camions moins bruyants, etc.) paraisse moins élevé, au regard des économies qu’elles permettent d’obtenir !