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Infrastructures : quel budget pour la route ?

Jean-Yves Kerbrat
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Philippe Duron, député du Calvados et président du conseil d’administration de l’Afitf, a invité Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des transports, au 10ème anniversaire de l’’Agence de financement des infrastructures de transport de France, qui est un établissement public de l’État dont la mission est de concourir au financement des projets d’infrastructure.

L’organisme mobilise essentiellement les ressources d’origine routières et autoroutières qui lui sont affectées pour financer les grands équipements nationaux et les projets contractualisés quel que soit le mode de transport : ferroviaire, routier, fluvial, maritime ou intermodal.

Mais au final, si l’affectation de ressources régulières a permis de mettre en place 32,5 milliards d’euros d’engagements, au travers de plus de 500 conventions en faveur des infrastructures, dont 70% privilégient celles qui offrent une alternative à la route, soit le rail, le fluvial, le portuaire ou les transports collectifs en site propre.

 

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L’argent de la route va d’abord aux transports publics

 

À ce jour, 19,7 milliards d’euros ont été versés par l’agence. Il restera à investir 12,8 milliards d’euros, notamment au titre des concessions ou des partenariats public-privé qui représentent 30 % des engagements prévus et 58 % du reste à financer par l’Afitf.

La route est donc toujours le parent pauvre des projets de l’Etat alors que les besoins, ne serait-ce qu’en entretien sont criants.

Rappelons que les revenus de l’écotaxe devaient être gérés par l’Afitf.  Au bout du compte, Philippe Duron reconnait « Aujourd’hui, grâce à la TICPE, l’Afitf a pu surmonter sans trop de dommage la crise de l’écotaxe et passer le cap de 2015. Toutefois, il serait vraiment important d’affecter à l’agence une ressource pérenne, suffisamment substantielle pour financer les nouvelles infrastructures dont le pays a encore besoin » alors que l’on attend les conclusions d’un groupe de travail planchant sur l’après-écotaxe.

Active side assistance. Södertälje, Sweden Photo: Dan Boman 2013

La route manque de moyens malgré l’importance du transport routier

 

Quoiqu’il en soit, le conseil d’administration de l’Afitf a adopté le rapport d’activité de l’exercice 2014. Il a ensuite examiné le troisième budget rectificatif de l’exercice dont l’élément le plus marquant est l’inscription au budget, en recettes et en dépenses, de 100 M€ supplémentaires au titre du Protocole d’accord conclu le 9 avril entre l’Etat et les sociétés concessionnaires d’autoroutes.

Pour mettre en œuvre ce protocole, deux séries de conventions ont été examinées et approuvées par l’Afitf. Entre autres, quatre conventions entre l’agence et les quatre sociétés concessionnaires d’autoroutes (ASF, APRR, Sanef et Cofiroute). Ces dernières s’engagent à lui verser de manière échelonnée jusqu’en 2030 un montant total d’1,2 Md€ courant, dont 100 M€ par an les trois premières années. Reste à savoir si une partie de l’argent de la route ira à la route. Rien n’est moins sûr !

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