Les News Vie des entreprises

Grand Paris, les présidents des sept départements d’Ile-de-France sont furieux

Jean-Yves Kerbrat
Ban_cofisoft


La Société du Grand Paris (SGP) est en charge du plus grand projet d’infrastructure français du 21ème siècle, un projet dont la réalisation devrait améliorer les conditions quotidiennes de transports de millions de Franciliens. Il s’agit des transports en commun dont un métro de 200 km essentiellement en sous-sol doté de 7 centres techniques et 68 gares, mais aussi des infrastructures routières, aujourd’hui insuffisantes et délabrées. Au bout du compte, l’argent risque de manquer … c’est de l’équilibre budgétaire ! D’autre part, dans notre secteur, de très nombreuses entreprises de transport et de travaux publics travaillent pour ce chantier hors norme !

L’Ile de France, moins Paris, vent debout pour la gestion du Grand-Paris

Que se passe-t-il ? En refusant de participer à l’élection du président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, les présidents des 7 départements d’Ile-de-France montrent un désaccord profond après l’annonce unilatérale par l’Etat du report de deux à sept ans de la plupart des lignes de ce nouveau système de transports, qui serait justifié par un quasi doublement du coût prévisionnel du projet, est donc un recul majeur, contradictoire avec la volonté affirmée de renforcer l’attractivité internationale de l’Ile-de-France, et susceptible de remettre en cause les engagements pris par la France pour l’accueil des Jeux Olympiques de 2024.

200 kilomètres de métro et d’autres projets, la complexité à son paroxysme … 

Selon les élus, les raisons financières et techniques invoquées par l’Etat pour justifier ce désengagement n’ont jamais été explicitées de façon claire et convaincante y compris au conseil de surveillance de la SGP, pourtant directement responsable du projet. La Cour des comptes a d’ailleurs souligné l’importance de ces manquements à la bonne gouvernance et à la transparence. En plus, il est question aujourd’hui de l’élection du nouveau président du conseil de surveillance, après la démission de Jean-Yves Le Bouillonnec. L’Etat veut imposer son candidat. Il s’agit de Patrick Braouezec, président (PCF) de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), déjà nommé par décret au mois de juillet. Pour les élus des 7 départements « Au lieu de saisir l’opportunité d’un partenariat fondé sur la confiance et la transparence avec les grandes collectivités franciliennes, l’Etat a multiplié depuis le mois de juin les manœuvres pour inventer une candidature à sa convenance ».

De très nombreuses entreprises de transport et du BTP concernées. 

Les élus ne sont pas contents du tout et ils le disent par la voix de Patrick Devedjian, président du département des Hauts-de-Seine qui s’adresse à l’Etat « Qu’est- ce que vous avez à cacher ? Dès lors que le président du conseil de surveillance est choisi et nommé par l’État, le conseil de surveillance ne peut pas jouer son rôle de contrôle et c’est une des causes essentielles des nombreux dérapages financiers et techniques qui ont été relevés avec sévérité par la Cour des comptes et que monsieur le commissaire du gouvernement vous persistez à organiser, prenant la responsabilité des difficultés de fonctionnement qui en naîtront. Dans ces conditions, les élus, vous laissent à vos pratiques coloniales et ne participeront pas à cette mascarade. » Evidemment les tensions, visibles aujourd’hui, ne vont pas arranger la « fluidité » du dossier …

L’argent, des sommes énormes, il faut le trouver quelque part. Il est vrai que les chiffres sont très inquiétants. Le diagnostic est connu. Le coût prévisionnel du Grand Paris Express a été réévalué à 35 milliards d’euros en 2017, alors même qu’il était censé s’élever à 25 milliards en 2013. Selon les dernières estimations, il faut trouver, chaque année, de 200 à 250 millions de recettes supplémentaires pour gager les 10 milliards d’emprunt supplémentaires et finir de rembourser la dette en … 2070. Pour résumer, selon un rapport du député du Val-de-Marne Gilles Carrez, il s’agira bien de créer ou de majorer des taxes pour environ 230 millions d’euros par an. Dans ce dossier sensible, le flou est visible, l’inquiétude palpable … et ce n’est pas fini !

Commentaires

commentaires

Ban_cofisoft