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Le fret ferroviaire à l’épreuve de la grève

Jean-Yves Kerbrat
Ban_cofisoft


Le transport routier, s’il est capable de fournir suffisamment de capacité d’affrètement devrait profiter des perturbations du rail. Déjà, ArcelorMittal vient de renoncer à utiliser le train pour déplacer sa production entre centres de production et de stockage ou vers les clients. Le sidérurgiste s’organise différemment et cela pourrait faire perdre à la SNCF des sommes très importantes de la part d’un client historique. « Pendant les deux jours de grève des 3 et 4 avril, nous n’avons pu faire rouler que 15 % des trains » déclarait Philippe Moritz, porte-parole de Fret SNCF au quotidien Le Monde. Le fret par rail, qui représente en France moins de 10% des volumes transportés contre 88% pour la route, risque de perdre encore du terrain.

ArcelorMittal cherche des alternatives au rail

De son côté, l’Union nationale des producteurs de granulats publiait un premier communiqué à la veille du week-end et au lendemain du premier épisode de la grève (les 3 et 4 avril) en précisant que « si les impacts sont encore très difficiles à chiffrer, il apparait d’ores et déjà que 80% des trains ont été supprimés sur la période, et que 2 jours de grève déstabilisent l’outil de production et l’approvisionnement des chantiers pour 4 jours en moyenne du fait notamment de la replanification difficile, voire impossible, des sillons et de la remise en route du fret post grève. » L’organisation professionnelle rappelle que les producteurs acheminent chaque année 11 millions de tonnes de granulats soit 13 % du trafic des granulats en tonnes kilomètres.

Tracer son sillon … une belle image ferroviaire toute en complexité

Craignant que le mouvement social qui prévoit 18 périodes d’interruption de service d’avril à juin, ce qui représenterait plus de 1200 trains supprimés, soit près de 2 millions de tonnes de granulats non livrés sur les chantiers par le train, les producteurs cherchent d’autres solutions sachant que la part du rail sur cette période représente potentiellement 150 000 trajets par camions en plus sur les routes. « L’UNPG, acteur incontournable des modes de transport alternatifs à la route, s’inquiète de l’avenir du ferroviaire et du fluvial en France et demande aux pouvoirs publics la mise en place d’une feuille de route volontariste et réaliste à la hauteur de ses ambitions environnementales. » conclut l’organisation. L’industrie chimique, l’automobile, les producteurs de boissons ou de céréales seront aussi certainement obligés de chercher des alternatives.

Les jours de grève les trains de fret sont délaissés

L’Association Française du Rail (AFRA) rassemble les opérateurs alternatifs à la SNCF se montre également très inquiète. « Concrètement, la grève des cheminots prévue ce jeudi et aux mois d’avril, mai et juin, va se traduire par une impossibilité des opérateurs de fret ferroviaire de faire circuler les trains prévus, désorganisant ainsi la logistique des chargeurs et occasionnant des manques à gagner et des surcoûts. Rappelons par ailleurs que 2 jours de grève représentent pour les acteurs du secteur l’équivalent d’une semaine d’activité perdue. ». Pour beaucoup d’entreprises organisées dans la gestion des trains ce sont, non seulement des pertes financières, mais aussi de crédibilité lorsqu’il s’agit de d’approvisionner des chantiers ou de charger des bateaux en céréales. Un train représente 1200 tonnes de marchandises vrac soit l’équivalent de 50 camions.

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