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Filière automobile et mobilité : le gouvernement confirme une stratégie volontariste

Jean-Yves Kerbrat


Le sujet est sensible et engage l’avenir d’une industrie essentielle à un moment crucial. Pour cette raison, pas moins de trois ministres, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire et Elisabeth Borne, ministre des Transports ont participé au comité stratégique de la filière automobile, le mardi 22.  Luc Chatel, ancien ministre et président de la Plateforme automobile, Filière Automobile et Mobilités, ainsi que les présidents des principales entreprises de la filière automobile dont Carlos Tavares et Carlos Ghosn, les patrons de PSA et Renault, étaient présents. « La filière jouera sa survie ces prochaines années sur sa capacité à prendre le virage du véhicule électrifié, de la conduite autonome et des nouveaux services de mobilité. » a déclaré Luc Chatel dans une interview au quotidien Les Echos.

Luc Chatel

Pour cela tous les ingrédients sont dans la marmite. L’engagement de l’Etat et des grands industriels, le recrutement de 65.000 salariés, dont 9.000 ingénieurs, l’aide de BPI France et du Fonds Avenir Automobile qui a été réactivé en se dotant de 145 millions d’euros abondée à parts égales par Renault, PSA et l’Etat. L’Etat annonce aussi sa volonté d’aider à l’installation de 100000 bornes de recharge électrique alors que Bruno Le Maire déclarait « L’objectif est de passer de 120 000 à 600 000 véhicules électriques d’ici 2022, c’est une multiplication par 5 du parc sur l’ensemble du territoire ».

Cet événement fait suite à la nouvelle impulsion donnée au Conseil national de l’industrie (CNI) par le gouvernement. Le comité exécutif du CNI a arrêté le 26 février 2018 une nouvelle liste de 10 Comités stratégiques de filière (CSF), dont le CSF automobile présidé par Luc Chatel. La « filière automobile » rassemble les constructeurs automobiles implantés sur le territoire, les équipementiers et fournisseurs de rang 1, ainsi que de nombreux sous-traitants appartenant à des secteurs très divers (mécanique, plasturgie, emboutissage, fonderie, électronique, etc.). Elle comprend également les constructeurs de véhicules poids lourds, bus et autocars, ainsi que les carrossiers. A ce propos, Patrick Cholton, président de la Fédération Française de Carrosserie déclare « Je me félicite de cet accord qui engage l’avenir de la filière dans laquelle la FFC a en charge les activités concernant le véhicule industriel et urbain ainsi que les métiers de la carrosserie« . 

Luc Chatel avec les membres du gouvernement le 14 mai (véhicules autonomes)

Ce volet amont de la filière comprend près de 4 000 entreprises industrielles et emploie 400 000 salariés en France. Il représente un chiffre d’affaires de 155 milliards d’euros et un volume d’exportation de 49 milliards d’euros. Il s’agit de la filière qui dépose le plus de brevets et investit plus de 6 milliards d’euros par an en R&D. Le volet aval de la filière comprend les entreprises de service qui représentent un écosystème d’ETI, de PME et de TPE particulièrement dense. Ce secteur se structure autour de cinq principaux pôles métiers : la distribution (véhicules et carburants), la maintenance automobile, les services aux automobilistes, l’éducation à la route et le recyclage. Il représente 139 000 entreprises, plus de 400 000 salariés. Enfin, la filière comprend également de nombreux acteurs de la R&D, notamment les pôles de compétitivité et les grands organismes de la recherche publique (IFP EN, IFSTTAR, CEA, Universités).

Si les indicateurs de la filière automobile sont, pour l’heure, repassés au vert, elle est néanmoins confrontée à des défis majeurs. En premier lieu, elle est confrontée à une disruption technologique et numérique, avec l’évolution vers les véhicules électriques, hybrides … et connectés, intelligent, autonome. Il faut tenir compte de l’émergence de sujets aussi complexes que la protection des données détenues par un véhicule qui sera un jour autonome. La révolution sociétale est aussi en route avec de nouvelles offres de mobilité et une profonde évolution du rapport à la voiture.

La filière automobile a donc un rôle essentiel pour mener à bien des évolutions majeures pour tous les citoyens et l’ensemble des professionnels concernés. Cette réunion du comité stratégique a été l’occasion de proposer à l’Etat sous la forme d’un contrat de filière un ensemble d’engagements réciproques visant à accompagner leur réalisation. Les ministres ont signé, pour le moment, le contrat stratégique de la filière automobile pour la période de 2018 à 2022.

Sur la photo : les ministres Bruno Le Maire, Nicolas Hulot, Elisabeth Borne ainsi que Carlos Ghosn (Renault), Carlos Tavares (PSA) Jacques Aschenbroich (Valeo), Florent Menegaux (Michelin), Patrick Koller (Faurecia), Laurent Burelle (Plastic Omnium). Luc Chatel, président de la PFA et Francis Bartholomé (CNPA)

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