Les News

Emmanuel Macron soutient le diesel

5-Livraison_sur_Paris
Jean-Yves Kerbrat

Est-ce bon pour le transport routier ! Qui l’aurait cru, le ministre de d’économie, en personne, a déclaré le 4 août lors d’une visite de l’usine Bosch d’Onet-le-Château en Aveyron « l’avenir du diesel est dans l’innovation, laquelle est au cœur de la politique gouvernementale ». Il est vrai qu’il avait été accueilli par ses sifflets par des salariés inquiets par le désamour d’un carburant qui a fait ses preuves.

898963-emmanuel-macron- usine-bosch- le-4-aout-2016

Visite d’Emmanuel Macron chez Bosch

L’usine aveyronnaise de Bosch, qui emploie 1800 salariés et génère 9000 emplois indirects, est de fait le plus gros employeur du département. Spécialisé dans la fabrication des injecteurs, le site a des projets importants d’investissements, dont le plus récent s’élevait à 24 millions d’euros. L’usine, qui appartient à Bosch depuis plus de 45 ans produit 4 millions d’injecteurs par an, en tournant 24 heures sur 24. Ce site est plébiscité par les hommes politiques. Le président de la République l’avait lui-même visité en 2013.

usine Bosch

Usine Bosch de Rodez

C’était le bon endroit pour faire une déclaration qui fera date. Emmanuel Macron a ajouté « Il ne s’agit pas d’abandonner le diesel. On est dans une normalisation progressive après le scandale Volkswagen, alors que ces nouveaux moteurs diesel sont plus propres que ceux à l’essence ». Le ministre n’a pas hésiter à aller au-devant des syndicalistes afin d’apaiser les tensions et rassurer. Il y a réussi.

Anne Hidalgo

L’exécutif parisien furieux

Lors des discussions et déclarations, le ministre de l’économie a dû répondre à des questions sur les méthodes utilisées par la maire de Paris pour chasser progressivement les diesels dans les années à venir. « Ses décisions ne valent pas pour la France » a alors assuré Emmanuel Macron. Le retour de manivelle ne s’est pas fait attendre, puisque Anne Hidalgo s’est mise en colère « Les petites phrases, je n’en ai rien à battre », alors que son très vert adjoint aux transport, Christophe Najdovski a osé à l’attention du ministre « Démagogie, bêtise pure … ou les deux ». Le torchon brûle entre un membre du gouvernement et l’exécutif parisien.

12440756_10153484117021447_161150989469447804_o

Un ministre qui ne dénigre pas l’automobile

Quoiqu’il en soit, il est heureux qu’un membre du gouvernement ait enfin une vision réaliste de la situation. En effet, les efforts entrepris par les constructeurs de véhicules et les équipementiers permettent de proposer des moteurs diesel très peu polluants et économes. Affaire à suivre …