Les News

Congrès de l’OTRE : Aline Mesples plus combative que jamais

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat


La 18e édition du Congrès National de l’OTRE, ayant pour thème  « Les PME du transport routier face aux e-transformations »,  s’est achevé sur un discours offensif d’Aline Mesples, présidente de l’organisation professionnelle, qui a rappelé plusieurs grands principes. « C’est sans doute un Congrès particulier en raison du contexte dans lequel il se tient. Un contexte tendu où se manifeste ce que l’OTRE a appelé (si vous me permettez l’expression) une convergence des ras l’bol. Convergence qui dépasse le seul cadre des professionnels de la route que nous sommes. Tous mes confrères transporteurs de personnes ou de marchandises, ici présents (vous l’aurez senti je pense !) sont inquiets, des bouleversements qui s’annoncent. Sur tous les plans. », a t-elle déclaré.

Tous les thèmes chers à l’OTRE ont été évoqués, la concurrence européenne, les mesures punitives au nom de l’environnement ou de la sécurité routière, les taxes. Sur ce point, la présidente à justement rappelé que l’ensemble des usagers de la route s’acquittait déjà de 40 milliards d’euros (hors TVA et hors péages autoroutiers) de taxes, redevances ou prélèvements divers (dont 7 milliards pour les seuls poids lourds). Sur ce dossier, elle a mis la Ministre en garde. Remettre en question le remboursement partiel de la TICPE aux entreprises du transport routier serait une grave erreur et une ligne rouge à ne pas franchir.

Les questions posées par Aline Mesples au cours de son discours témoignent à la fois d’un agacement et d’un profond désarrois quant au traitement que subit le secteur. « Pourquoi notre profession de transporteur routier est, plus que toute autre, soumise à une demande, j’ose dire une injonction, de transformation d’une importance hors du commun ? » a t-elle lancé. Au regard de l’industrie ou meme du transport aérien, cette pression est vécue comme étant profondément injuste.

Concernant le recrutement, la question est posée : « Pourquoi avons-nous notamment tant de mal à recruter un conducteur  ? » A ce sujet elle invite la profession à se remettre en question «  sur notre capacité, à rendre les métiers du transport attractifs dans un pays où le nombre de demandeurs d’emploi reste toujours élevé… »

Autre thème cher à l’OTRE, le dossier épineux de l’économie collaborative et de la digitalisation de l’économie. Elle a rappelé que l’OTRE attendait avec impatience des mesures de régulation préconisées notamment par le rapport du député Damien Pichereau dans le texte de la loi d’orientation sur les mobilités. 

Sur le Brexit, les inquiétudes étaient palpables. Le présidente craint, en cas de Brexit dur, l’application d’anciennes règles qui seraient dommageables pour le secteur.

La présidente a profité de son temps de parole pour faire deux propositions concrètes pour aider le transport routier : 

  • Verser un acompte aux entreprises en début de chaque semestre sur la base du semestre précédent. Cette mesure provisoire serait de nature à solutionner les avances de trésorerie importantes que les entreprises supportent.
  • Indexer le carburant pour l’ensemble des professionnels de la branche du transport routier de personnes comme de marchandises.

« Voilà ce que je voulais vous dire en terminant ce propos. Nous ne cachons pas notre inquiétude. Elle n’est pas surjouée. Nous serons déterminés à ne pas nous laisser faire. Si nous sommes aujourd’hui dans une forme de convergence des ras le bol, c’est pour mieux affirmer encore et toujours notre volonté que vive notre métier de transporteur. « Les seules batailles perdues, sont celles qu’on ne livre pas ! » disait Franklin Roosevelt. Comptez sur nous : nous les livrerons ! » a-t-elle conclut.

Un beau discours sans langue de bois qui nous rappelle à quel point le secteur souffre d’un manque de considération et d’une forme de mépris de l’Etat. L’OTRE a encore une fois montré qu’elle était là pour défendre envers et contre tous ce secteur indispensable à l’économie française.

Enfin, sur le 17 novembre, l’OTRE a rappelé que l’organisation ne souhaitait pas se lier à une action jugée floue notamment par le manque d’informations sur les organisateurs et leurs buts. Raisonnablement, l’OTRE ne souhaite pas s’associer à ce mouvement pour rester crédible à d’autres occasions « car sur le fond les revendications des professionnels routiers ne sont pas les mêmes que celles de ces citoyens qui se mobilisent », a t-elle ajouté. L’OTRE a toutefois réitéré sa demande de la mise en place d’un carburant professionnel détaxé à l’achat. 

Commentaires

commentaires