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Bus à hydrogène, nouveau levier vert pour les villes françaises

Le Businova H2, version à hydrogène du bus de ville électrique de l'entreprise Safra.
Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat


Cela fait plus de 10 ans maintenant que le bus électrique à hydrogène et le bus électrique à batteries se côtoient timidement. L’hydrogène est en passe de devenir une solution durable appréhendée désormais par tous comme prometteuse. C’est en tout cas le message du gouvernement qui a lancé le 1er juin dernier un plan hydrogène afin de favoriser le développement de la filière en France.

« L’hydrogène peut devenir l’un des piliers d’un modèle énergétique neutre en carbone. Cette molécule, qui renferme énormément d’énergie, va devenir indispensable compte-tenu de l’étendue de ses propriétés : elle permet de stocker l’électricité, d’alimenter des voitures, de recycler du CO2, de rendre les processus industriels plus propres… La France est à la pointe sur cette filière, et je veux lui donner les moyens de conserver son avance au cœur d’une compétition mondiale déjà féroce car elle constitue un atout pour notre indépendance énergétique mais également un immense gisement d’emplois. Le plan Hydrogène doit être l’impulsion qui va mettre en mouvement cette filière d’excellence pour démocratiser, à-terme, les usages de cette énergie dans notre quotidien », avait alors déclaré Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, lors de la conférence de presse du 1er juin.

Contrairement à l’électrique à batterie, les véhicules à l’hydrogène se rechargent entre 5 à 10 minutes contre plusieurs heures pour l’électrique classique. L’autonomie s’en trouve également boostée avec plus de 300 kilomètres contre 200 en moyenne avec batterie rechargeable. Enfin, les infrastructures sont à priori plus simples à déployer car basées sur des stations de recharge unique.

Station Air Liquide à hydrogène à Paris Orly

« Le transport public est l’un des secteurs clés dans lequel des progrès sont réalisés en vue de la décarbonation de la mobilité, et les bus à hydrogène en sont la preuve. Grâce aux soutiens européens déployés par le FCH JU, de nombreux efforts de recherche et de déploiement ont été appuyés, ce qui a rapproché la technologie du grand public et l’établissement d’un marché. Le FCH JU a également soutenu les régions et les villes en leur présentant les technologies de piles à combustible et de l’hydrogène les mieux adaptées à leurs besoins et les possibilités de financement. Nous sommes heureux de voir un intérêt croissant pour les bus à hydrogène, comme le montre notre nouvelle étude avec des chiffres estimant un marché potentiel de 1500 unités à court terme. La hausse de la demande se reflète dans la baisse des prix des bus à hydrogène, de plus de 1,2 million d’euros auparavant à près de 500 000 euros actuellement, et nous sommes confiants de voir de nouvelles baisses de coûts dans un proche avenir. », souligne Bart Biebuyck, directeur exécutif du FCH JU.

Plus rapide, meilleure autonomie et infrastructures plus faciles à déployer, c’est pourquoi des stratégies d’achats groupés se mettent en place un peu partout en Europe pour permettre au bus à hydrogène de devenir une solution compétitive d’un point de vue économique. En France, les villes d’Auxerre, Pau, Toulouse, Versailles et Artois-Gohelle, se positionnent déjà sur ce nouveau marché afin d’assurer les engagements pris dans la transition énergétique. Une vingtaine de bus seront livrés et opérationnels en France en 2019.

L’avenir donnera raison, ou non à cette technologie qui pour certains reste utopiste et coûteuse à stocker… Une chose est sûre, la transition énergétique a belle et bien commencé.

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