Les News

Baidu et Apolong en tête de la course vers l’autonomisation 

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat
Ban_cofisoft


Alors que le chinois Baidu, équivalent de Google aux Etats-unis, a annoncé mercredi dernier que son premier minibus autonomes, « de niveau 4 », entrait en production, qu’en est-il vraiment du véhicule autonome aujourd’hui dans le reste monde ? 

Véhicule autonome oblige, vous ne trouverez ni volant, ni siège conducteur et encore moins de pédales. Le minibus en question, qui peut accueillir 14 personnes sera mis en circulation dans des lieux bien spécifiques comme des sites touristiques ou des aéroports dans plusieurs villes comme Pékin, Canton et Shenzhen (sud). « 2018 sera la première année de commercialisation pour la conduite autonome. Avec cette production industrielle du minibus Apolong, nous pouvons véritablement entrevoir les grands progrès réalisés » dans ce domaine, a déclaré M. Robin Li, PDG de Baidu.

Baidu en avance sur l’IA

Baidu a une longueur d’avance dans le domaine de l’intelligence artificielle, il a d’ailleurs été rejoint récemment par Valeo qui profitera des technologies du géant chinois qui dispose aujourd’hui de la plus grande base de données au monde en échange de son expertise en matière de capteur. « Dans le passé, la Chine exportait des marchandises à bas prix. Dans le futur, la Chine exportera des technologies d’intelligence artificielle », a assuré mercredi Robin Li. Et pour cela, nous lui faisons confiance ! 

Si les chinois ont incontestablement un boulevard devant eux en matière de technologie et d’IA, la France espère aussi rester dans la course. C’est en tout cas le message qu’elle a souhaité faire passer en faisant du véhicule autonome une priorité. En plus d’être un facteur de compétitivité c’est surtout un moyen de relancer la politique industrielle de la France. « le véhicule autonome est un concentré de toutes les révolutions numériques et technologiques. Ce sont des gains de service perceptibles par tous et c’est aussi un bouleversement de la chaîne de valeur, qui bascule des moteurs vers le logiciel. Cette stratégie nationale c’est une opportunité à saisir, un changement à accompagner pour qu’elle soit bénéfique au plus grand nombre », a défendu Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, lors de la conférence de presse dédiée au développement des véhicules autonomes.

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique.

Quelques défis techniques à maitriser

Cependant, les constructeurs vont encore devoir travailler pour réussir à transformer l’essai car selon une étude française de la MAIF et du centre d’essais Utac-Ceram, les véhicules partiellement automatisés ont encore du mal à reconnaître l’environnement. «  Si les voitures présentes sur le marché actuel sont équipées d’assistants à la conduite très performants, avec des gains importants en matière de sécurité, elles sont encore très loin d’être 100% autonomes », rappellent les deux partenaires, qui ont testé pendant 18 mois neuf véhicules de marque Volvo, Audi, Tesla, BMW et Mercedes, déjà sur le marché. « Il subsiste de nombreux problèmes techniques à résoudre afin de s’assurer que le véhicule soit entièrement capable de détecter son environnement de le comprendre et d’y réagir correctement comme le fait un conducteur humain », résume Jérôme Paschal, chef du service Comportement des véhicules sécurité active à l’Utac-Ceram.

Des initiatives encourageantes

Cela ne semble pas freiner la ville de Rouen qui a choisi d’expérimenter avec le soutien de la Région Normandie, la Banque des Territoires et en partenariat avec le groupe Transdev, le Groupe Renault, le groupe Matmut partenaires du projet Rouen Normandy Autonomous Lab, le premier service de mobilité partagée et autonome à la demande sur routes ouvertes en Europe. Cette expérimentation sera ouverte au public à la rentrée 2018 avec quatre véhicules autonomes Renault ZOE 100% électriques auxquels s’ajoutera une navette autonome iCristal co développée par Transdev et Lohr. Rappelons que le groupe Renault espère proposer des services de mobilité autonomes robotisés et à la demande dès 2022.

Rouen Normandy Autonomous Lab, expérimentation de la Renault ZOE en « robot taxi »

Le transport routier compte sur l’autonomisation

Dans le transport routier, l’autonomisation est un sujet de longue date. MAN travaille depuis presque 15 ans sur la conduite autonome, notamment via le platooning*. Le projet « Konvoi » avait déjà été mené par MAN dès 2005, testant pendant plusieurs années la conduite en convoi sur autoroutes reliant jusqu’à quatre véhicules. Ces études, ont entre autre fait ressortir, la réduction du nombre d’accident et la réduction de consommation de carburant de 15%. « La décision de la France de se doter très prochainement d’un cadre de régulation pour la circulation des véhicules autonomes va totalement dans le sens des travaux que nous conduisons chez MAN depuis plus de 10 ans en matière de conduite autonome », explique le PDG de MAN.

Selon Henrik Henriksson, président de Scania, 3 éléments doivent encore évoluer avant de démocratiser l’utilisation de véhicules totalement autonomes pour le transport de marchandise : les technologies, le cadre légal et l’acceptation du public. Pour ce qui est des technologies elles sont prêtes, explique Henrik Henriksson, mais dans un cadre pour l’instant limité. « La transformation des systèmes de conduite vers la conduite autonome sera graduelle dans différentes industries verticales et différentes zones géographiques. Cela prendra du temps avant d’être pleinement implémenté mais pendant ce temps les systèmes autonomes rendront le travail des conducteurs plus efficace, sécurisé et productif. Nous verrons aussi que les taches et les responsabilités du conducteur évolueront et il y aura de nombreux éléments qu’ils pourront intégrer à leur journée de travail s’ils gagnent du temps sur la conduite. Les conducteurs seront là longtemps et on a besoin d’eux », conclut-il.

Aux Etats-unis, berceau des expérimentations en tout genre, le camion autonome est en test depuis plusieurs années, notamment sous les couleurs d’Uber. 

*Seul le premier véhicule est conduit par un chauffeur, le reste du convoi suit le véhicule de tête en adaptant de façon totalement automatisée, sa vitesse et sa distance de sécurité. 

Commentaires

commentaires

Ban_cofisoft