Poids lourds Transporteurs

Transport routier, L’OTRE rappelle ses convictions après le rapport Duron

Auriane Kerbrat
Ecrit par Auriane Kerbrat


L’OTRE a été reçue par Mme Élisabeth Borne, ministre des transports, après la présentation du rapport DURON sur les « Mobilités du quotidien, répondre aux urgences et préparer l’avenir ».

Lors de cette rencontre, l’OTRE a rappelé ses positions sur le financement des infrastructures et a fait savoir qu’elle s’opposait à ces taxes qui « pénalisent et stigmatisent » les professionnels du transport routier.

Les transporteurs ne doivent pas payer plus

L’OTRE a notamment expliqué à la ministre que le remboursement partiel de la TICPE était le résultat de l’instauration d’un gazole professionnel qui avait pour objet d’éviter les distorsions de concurrence et n’était donc pas une « niche fiscale ». L’OTRE a rappelé que 39 milliard avaient déjà été amassés et qu’il serait bon de savoir comment ils allaient être utilisés. Par ailleurs, concernant l’instauration d’une vignette, l’OTRE a déclaré à la ministre qu’elle restera contre tout principe visant à faire payer davantage les transporteurs, notamment par l’instauration d’une taxe aux kilomètres parcourus.

5 préalables au dialogue

Aujourd’hui et bien que le rapport DURON évoque la solution de la vignette, l’OTRE déclare qu’elle ne soutiendra pas une telle mesure. Elle s’opposera donc à la mise en oeuvre d’une vignette tant que les préalables suivants ne seront pas obtenus :

– Audit public complet sur les recettes de la route et leurs affectations, ainsi que sur les dépenses. La route, tous usagers confondus, rapporte déjà 39 milliards d’euros,

– Suppression de la surtaxation gazole de quatre centimes,

– Suppression de la taxe à l’essieu,

– Non-remise en cause du remboursement partiel de la TICPE,

– Élargissement du champ d’application à l’ensemble des véhicules utilisant le réseau routier : D’une part, parce que chaque véhicule contribue à des niveaux différents à l’usure de l’infrastructure (les poids lourds ne représentent que 3 % de la circulation routière), D’autre part, parce que chaque véhicule contribue à la congestion du réseau routier, ainsi qu’à la pollution et aux émissions de CO2 (1/5e des émissions de CO2 sont produits par les poids lourds, 1/5e par les véhicules utilitaires légers et 3/5e par les autres véhicules)

Enfin, l’OTRE appelle à une réflexion impliquant le réseau concédé, convaincue qu’aucune réforme du financement des infrastructures routières ne pourra être menée sereinement et équitablement sans cela. Le but est d’aboutir à un équilibre financier entre les réseaux concédés avec un tarif moyen sur tout le territoire.

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